Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814

Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 15:41

 

L'ange de la mort

 
Terre de Champagne : champ de bataille.


25 mars 1814 : La campagne de france touche à sa fin.
 
Après deux mois de dure campagne, l'Empereur Napoléon décide de ne plus couvrir PARIS de sa personne et d'éloigner les armées étrangères de la capitale en se portant lui-même vers le Rhin.

Les grandes armées de Bohême et de Silésie ne se laissent pas distraire par Napoléon et marchent résolument, le 25 mars 1814, vers PARIS pour s'en emparer et ainsi créer l'événement qui mettra fin à cette guerre interminable.

Ce jour fatidique, un convoi de vivres et de munitions, escorté par les gardes nationaux et les Marie-Louises des généraux français Pacthod et Amey, chemine à travers la campagne en direction de VATRY au nord-est de FERE-CHAMPENOISE.

Il tente de rejoindre d'abord les corps d'armée des maréchaux d'Empire, Marmont et Mortier, en suivant la route qui de Bergères mène à Vatry et à Soudé-Sainte-Croix, puis la petite armée de Napoléon, vaincue récemment à Arcis-sur-Aube.

 

Michel-Marie PACTHOD

 

Le général Michel-Marie PACTHOD ( 1764 - 1830 ).

 

Les divisions des généraux Pacthod et Amey sont dangereusement isolées en rase campagne, sur un terrain qui ne leur permettrait pas, en cas d'attaque d'une cavalerie renforcée par de l'artillerie à cheval, de prendre une position de défense inexpugnable, inviolable pour ainsi dire.

Lorsqu'elle se décide à attaquer, la cavalerie russe du général Korff, avant-garde de l'armée de Silésie, constitue d'emblée un périlleux danger pour les troupes françaises qui faisaient une halte près de VILLESENEUX.

S'ensuit une retraite mémorable à travers champs par CLAMANGES, ECURY-LE-REPOS, en direction de FERE-CHAMPENOISE, qui se finira par la destruction du dernier carré français de gardes nationaux et de Marie-Louises devant les marais de Saint-Gond, entre AULNAY-AUX-PLANCHES et MORAINS-LE-PETIT, à l'est de BANNES.

 

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Pourquoi s'intéresser à ce combat plutôt qu'à un autre ?

Au même moment, les maréchaux Marmont et Mortier luttent pied à pied avec les troupes de l'armée de Bohême de Soudé-Sainte-Croix jusqu'à Linthes, en passant par Fère Champenoise ( premier combat de Fère Champenoise ).

Pourquoi sillonner le champ de bataille des généraux Pacthod et Amey plutôt qu'un autre ?

La réponse se décline de la façon suivante :

. Ni l'Empereur, ni les maréchaux, ni l'élite de l'armée, la Garde impériale en l'occurrence, ne sont présents aux côtés de ces deux généraux ;

. Le second combat de Fère Champenoise ( combat des marais de Saint-Gond ) est, dans ces conditions, voué à l'oubli ;

. Les troupes françaises sont essentiellement des gardes nationaux, des soldats en sabots, en habits civils, armés de fusils de chasse, qui rappellent, par leur aspect extérieur, la grande armée catholique et royale de 1793, qui fit trembler la République, la Convention, les Révolutionnaires ;


. Ces gardes nationaux représentent symboliquement le peuple en armes qui se défend lui-même contre les agressions venues de l'extérieur, la force publique qui contribue, avec une formation militaire des plus rudimentaires, à la défense nationale, aux côtés de régiments de ligne durement éprouvés par les dernières campagnes ( Russie, Allemagne, Espagne ).

Comme chacun a pu le remarquer, le bicentenaire du Premier Empire n'est pas franchement une grande réussite.

Après des débuts prometteurs durant l'hiver 2004 - 2005, il s'est rapidement essoufflé et les commémorations d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau, de Friedland et de Wagram, sont passées presque totalement inaperçues.

La République a superbement ignoré l'Empire, en la personne de son président.

Qu'en sera-t-il en 2014, à l'occasion du bicentenaire de 1814, d'une invasion qui n'épargna aucune frange de la population ?

Après la stupeur, la surprise et même l'affolement à l'annonce de l'invasion, la population se ressaisit et, en mars 1814, les armées étrangères sont continuellement attaquées, leurs convois constamment harcelés et leurs lignes de communication fortement perturbées.

La résistance, chère à notre président actuel ( lettre de Guy Môquet ), s'organise, se raffermit de jour en jour et aurait fini par l'emporter si les intrigues politiques à PARIS n'avaient pas changé le cours de l'histoire.

Les contemporains de Napoléon ont réclamé, après les événements de 1814, la construction d'un mausolée à Fère-Champenoise, en souvenir de la résistance admirable de quelques milliers de gardes nationaux devant les marais de Saint-Gond.

 

Dans son Histoire des campagnes de 1814 et 1815, en France, le général Guillaume de Vaudoncourt écrit à ce propos :

 

"Quinze cents hommes furent faits prisonniers avec les généraux Pacthod, Amey, Delord, Bonté et Thévenet. Un millier environ s'échappèrent par le marais. Le restant au nombre de trois mille cinq cents mourut au Champ-d'honneur : c'étaient presque tous des gardes nationaux. Leur cendre, qu'on aurait vue dans d'autres temps recouvrir d'un mausolée honorable, languit ignorée dans les champs, où ils se sont sacrifiés pour l'indépendance nationale. La patrie ne les a pas oubliés."

 

Ce qui était vrai dans les années 1820 ne l'est plus aujourd'hui !


En ces temps de débats animés voire agités sur l'identité nationale, le temps est venu d'ériger un mémorial à l'esprit de résistance nationale d'un groupement d'hommes, en un lieu tout à fait ordinaire, pour des hommes ordinaires qui, en ce 25 mars 1814, ont eu un comportement extraordinaire, exemplaire, conforme à ce qu'ils étaient réellement, des citoyens actifs, et non à ce qu'ils semblaient être, des sujets passifs de l'Empire.

Notre modeste contribution sera de vous faire découvrir des lieux que vous n'avez pas forcément la possibilité de découvrir par vous-mêmes, et des héros aujourd'hui totalement oubliés.

 

Carte Briarde

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 15:35

Samedi 19 septembre 2009, première excursion historique vers les paysages mémorables de la Campagne de France de 1814.

Les découvreurs des temps modernes :

Didier, le photographe d'art et d'histoire.

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Eric, le conseiller historique.

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Notre principal objectif aujourd'hui, c'est de retrouver les champs de la bataille de Fère-Champenoise du 25 mars 1814, les lieux des combats entre la petite troupe de PACTHOD et d'AMEY et la cavalerie alliée de KORFF.

Nous avons décidé d'emprunter la route qui mène de Montmirail à Châlons-en-Champagne pour photographier les fameuses colonnes de Montmirail et de Champaubert et emprunter, à hauteur de Chaintrix, la route qui traverse Germinon, Vatry et Soudé-Sainte-Croix.

Nous disposons du guide napoléonien rédigé par Alain CHAPPET, Alain PIGEARD, Roger MARTIN, André ROBE, et publié en 1981, ainsi que de quelques cartes de la région.

Nous avons pris, comme livre de référence, l'ouvrage de l'historien Henri HOUSSAYE, 1814, le grand classique en la matière.

Il rend compte des difficultés rencontrées par Napoléon, au commencement de l'année 1814, pour reconstituer une nouvelle grande armée, après les catastrophes de Russie ( 1812 ) et d'Allemagne ( 1813 ).

Contrairement à l'année précédente, les armées de la 6ème coalition européenne ont mis à profit l'hiver 1813-1814 pour poursuivre les Français après leur victoire du 19 octobre 1813 à Leipzig, en Saxe, et pénétrer profondément en territoire français, jusqu'au coeur de la Champagne, à quelques journées de marche de PARIS.

L'état d'impréparation militaire et de grand dénuement de la France est manifeste :

" Les cohortes actives de la garde nationale, dont l'habillement, l'équipement et, en raison de l'état des arsenaux, l'armement même incombaient à l'administration civile, n'étaient pas mieux pourvues. Ces hommes portaient la blouse, beaucoup le chapeau rond ; presque tous marchaient en sabots. Les plus militaires d'aspect avaient un shako, une giberne et un havresac. Au cours de la campagne, l'empereur donna l'ordre d'habiller les milices avec les capotes et les shakos des prisonniers de guerre. On dut y renoncer à cause de la vermine qui infectait les effets. Dans la garde nationale, moitié de l'armement se composait de mauvais fusils de chasse, obtenus à grand'peine par les réquisitions. Certains bataillons arrivaient absolument sans armes dans les camps de concentration ( de troupes ). Le 16 février, 1000 gardes nationaux s'armèrent sur le champ de bataille avec les fusils de l'ennemi." ( Henri Houssaye )

De Nogent-sur-Seine, Napoléon écrit au maréchal Augereau, duc de Castiglione, commandant de l'armée de Lyon, le 21 février 1814 :

" Mon cousin, le ministre de la guerre m'a mis sous les yeux la lettre que vous lui avez écrite le 16. Cette lettre m'a vivement peiné. Quoi ! six heures après avoir reçu les premières troupes venant d'Espagne, vous n'étiez pas déjà en campagne ! Six heures de repos leur suffisaient. J'ai remporté le combat de Nangis avec la brigade de dragons venant d'Espagne, qui de Bayonne n'avait pas débridé. Les six bataillons de la division de Nîmes manquent, dites-vous, d'habillement et d'équipement, et sont sans instruction : quelle pauvre raison me donnez-vous là, Augereau ! J'ai détruit 80000 ennemis avec des bataillons composés de conscrits, n'ayant pas de gibernes et étant mal habillés ! Les gardes nationales, dites-vous, sont pitoyables : j'en ai ici 4000 venant d'Angers et de Bretagne, en chapeaux ronds, sans gibernes, avec des sabots, mais ayant de bons fusils ; j'en ai tiré un bon parti. Il n'y a pas d'argent, continuez-vous : et d'où espérez-vous tirer de l'argent ? Vous ne pourrez en avoir que quand nous aurons arraché nos recettes des mains de l'ennemi. Vous manquez d'attelages : prenez-en partout. Vous n'avez pas de magasins : ceci est par trop ridicule. Je vous ordonne de partir douze heures après la réception de la présente lettre pour vous mettre en campagne. Si vous êtes toujours l'Augereau de Castiglione, gardez le commandement ; si vos soixante ans pèsent sur vous, quittez-le et remettez-le au plus ancien de vos officiers généraux. La patrie est menacée et en danger ; elle ne peut être sauvée que par l'audace et la bonne volonté, et non par de vaines temporisations. Vous devez avoir un noyau de plus de 6000 hommes de troupes d'élite : je n'en ai pas tant, et j'ai pourtant détruit trois armées, fait 40000 prisonniers, pris deux cents pièces de canon et sauvé trois fois la capitale. L'ennemi fuit de tous côtés sur Troyes. Soyez le premier aux balles. Il n'est plus question d'agir comme dans les derniers temps, mais il faut reprendre ses bottes et sa résolution de 93 ! Quand les Français verront votre panache aux avants-postes et qu'ils vous verront vous exposer le premier aux coups de fusil, vous en ferez ce que vous voudrez ! "

 

Bien des ouvrages historiques tout à fait sérieux se sont longuement attardés sur les insoumis, les déserteurs, les réfractaires au service militaire au point de donner une vision inexacte de la situation générale à la fin de l'Empire.

Il s'est, en effet, trouvé des centaines de milliers de jeunes gens originaires de la France, de la Belgique, de la Hollande, de l'Italie, de la Pologne, pour tenter de débarrasser l'Empire de ces armées étrangères pour le moins envahissantes.

Nous avons toujours ressenti un pincement au coeur, en évoquant les Marie-Louises, ces jeunes gens qui réussirent le tour de force de se faire un nom avec deux très jolis prénoms féminins.

"On les appelait les Marie-Louises ces pauvres petits soldats soudainement arrachés au foyer et jetés, quinze jours après l'incorporation, dans la fournaise des batailles. Ce nom de Marie-Louises, ils l'ont inscrit avec leur sang sur une grande page de l'histoire. C'étaient des Marie-Louises, ces cuirassiers sachant à peine se tenir à cheval, qui, à Valjouan, enfonçaient cinq escadrons et sabraient avec tant de fureur qu'ils ne voulaient pas faire de quartier. C'étaient des Marie-Louises, ces chasseurs dont le général Delort disait, au moment d'aborder l'ennemi : "Je crois qu'on perd la tête de me faire charger avec de la cavalerie pareille !", et qui traversaient Montereau comme une trombe, culbutant les bataillons autrichiens massés dans les rues. C'était un Marie-Louise, ce tirailleur qui, indifférent à la musique des balles comme à la vue des hommes frappés autour de lui, restait fixe à sa place sous un feu continu, sans riposter lui-même, et répondait au maréchal Marmont "Je tirerais aussi bien qu'un autre, mais je ne sais pas charger mon fusil." C'était un Marie-Louise, ce chasseur qui à Champaubert fit prisonnier le général Olsufjew et ne le voulut lâcher que devant l'empereur." ( Henri Houssaye )

Pour fixer dans les esprits les lieux de notre excursion historique, voici une carte postale créée par Didier, notre photographe.

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Histoire Géographie
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 15:48

La campagne de France est la suite logique de la campagne d'Allemagne de 1813 qui elle-même découlait de la célèbre campagne de Russie de 1812, marquée par le tragique passage de la Bérézina.

En décembre 1813, alors que s'engage la campagne de France, l'Empire ne s'est toujours pas remis de ses pertes titanesques dans les plaines enneigées de l'empire russe.

"Pour Napoléon, le désastre est irréparable. Ce n'était pas seulement sa puissance militaire qui était frappée, mais tout son système politique européen. Avec la destruction de ses régiments polonais, croulait l'oeuvre de régénération ébauchée par la création du grand-duché de Varsovie. Avec la destruction de ses régiments allemands, croulaient sa Confédération du Rhin, son royaume de Westphalie, tous ses plans d'organisation d'une Germanie soumise à la France. Les deuils que cet immense désastre avait semés dans les autres pays de l'Europe, en Hollande, en Belgique, en Suisse, dans toute l'Italie, de Milan à Naples et de Venise à Turin, et jusque dans les Provinces illyriennes, préparaient la dislocation et l'émiettement de l'empire napoléonien. L'Europe napoléonienne était surtout une Europe des camps et des champs de bataille. Or, presque tout entière, elle était restée dans les plaines de la Russie. A sa place une autre Europe allait se révéler ; elle venait de signifier son avènement, le 30 décembre 1812, par l'éclatante défection de York de Wartenburg. Napoléon s'était donné l'orgueil d'armer contre la Russie jusqu'à vingt nations et de déplacer l'Europe pour ainsi dire, de l'Ouest à l'Est. Alexandre n'allait pas armer moins de nations contre le César français, et cette fois, le flux des masses en armes se ferait de l'est à l'ouest, entraînant dans ses flots, nation par nation, armée par armée, tout ce qui acclamait naguère les aigles de Napoléon" ( LAVISSE et RAMBAUD, Napoléon ).

A propos de l'empire napoléonien, nous vous conseillons de lire la nouvelle édition du chef-d'oeuvre de Jean TULARD, Le Grand Empire 1804-1815, publié à la bibliothèque de l'Evolution de l'Humanité, chez Albin Michel, l'ancienne édition remontant déjà à 1982.


L'année 1813 a été marquée par la course aux armements et la militarisation des nations en guerre.

L'exemple le plus frappant reste celui de la Prusse qui réussit, en quelques mois, à transformer une petite troupe de 42000 hommes en une véritable armée de 350000 hommes de première ligne.

La Russie, l'Autriche, la Prusse et l'Angleterre sont parvenues non sans mal, au cours de l'été 1813, à s'allier contre la France, à conclure une alliance qui va se révéler durable dans le temps.  

L'Allemagne étant en 1813 le principal théâtre de la guerre en Europe, Napoléon, empereur des Français et roi d'Italie, y exerce pleinement son commandement en chef des forces armées.

En son absence de PARIS, Marie-Louise, sa seconde épouse, exerce la régence, une régence soumise à son autorité.

Par exemple, le sénatus-consulte du 9 octobre 1813, signé par l'impératrice-régente, a été au préalable approuvé par Napoléon le 27 septembre 1813.

Cette régence fictive permet de surnommer affectueusement les jeunes gens appelés au service militaire des Marie-Louises.

Ce n'est rien d'autre que de la communication qui vise à détourner partiellement l'attention de l'essentiel, l'appel anticipé des classes 1814 et 1815.
  
Cet appel anticipé effectué par le sénatus-consulte du 9 octobre 1813 ne peut, en effet, que susciter de graves inquiétudes dans une population en manque d'informations exactes sur la situation réelle de Napoléon et de la grande armée en Allemagne.

Prologue à l'invasion de la France, la défaite décisive de Leipzig en Saxe n'intervient finalement que le 19 octobre 1813.

Aux côtés des Marie-Louises et des gardes nationaux incorporés dans les divisions de Pacthod et d'Amey, nous trouvons des vétérans de la guerre d'Espagne commencée en 1808.

Parmi les troupes commandées par le général Pacthod à Fère-Champenoise, un bataillon du 54ème de ligne représente, en effet, ces fameux vétérans que nous pourrions fort bien appeler les pompiers de l'Empire français dans la mesure où ils interviennent là où l'Empereur en a le plus besoin.

Hélas ! Napoléon ne peut en aucun cas disposer de l'intégralité de ses troupes d'Espagne, commandées par les brillants maréchaux Soult et Suchet.

Elles ont déjà fort à faire avec les armées espagnoles, portugaises et britanniques, dans le Sud-Ouest de la France, au cours de l'hiver 1813-1814.

Engagés au compte-gouttes en Champagne et dans la Brie, les vétérans de la guerre d'Espagne ne peuvent en aucun cas influer de façon décisive sur le cours des opérations militaires menées par l'Empereur en personne.

En définitive, le salut de l'Empire napoléonien ne peut venir que de levées massives de gardes nationaux.
 
A propos des vétérans d'Espagne, les cahiers du colonel Girard donnent un aperçu saisissant de la pénible traversée du territoire du sud-ouest de la France à la région parisienne :

"Nous étions dans cette situation lorsque notre général en chef reçut de l'Empereur l'ordre de faire partir pour Paris, immédiatement, et en poste, notre division.
Je la devançai afin de m'assurer que les préfets et sous-préfets des départements que nous traversions tenaient bien à notre disposition, comme l'Empereur le leur avait prescrit, le nombre de chevaux et de voitures nécessaires à notre transport. Nous devions marcher jour et nuit, avec un arrêt d'une heure sur vingt-quatre pour le repas des troupes. L'ordre dont j'étais porteur m'enjoignait de rendre compte à l'Empereur de la moindre négligence des hauts fonctionnaires et me donnait tout pouvoir pour accélérer la marche. La plupart des préfets n'avaient pas rempli complétement leur mission ; d'autres ne pouvaient nous fournir que des boeufs.
Ce mois de février 1814 était mauvais. Le méchant état des chemins, la neige, la pluie, la grêle rendaient notre marche excessivement difficile et les autorités nous secondaient d'autant plus mal que l'Empereur ne leur inspirait déjà plus la même crainte ni la même confiance. Malgré tous les obstacles, nous fussions arrivés plus tôt, si à Etampes, un nouvel ordre ne nous eût dirigés sur Melun. Lorsque nous atteignîmes cette ville, le préfet vint nous dire que les Cosaques couraient les campagnes voisines. On n'entendait parler que d'eux. Chacun les voyait partout et nous qui les cherchions ne parvînmes à les rencontrer qu'après deux jours de marche vers Montereau où nous ralliâmes l'aile droite de l'armée commandée par le maréchal Oudinot."

Le dictionnaire des colonels de Napoléon, rédigé par Danielle et Bernard QUINTIN, nous apprend que ce brave colonel Girard fut blessé devant Laon le 9 mars 1814, qu'il se maria le 26 juillet 1814 et qu'il décéda à Toulon ( Var ) le 10 juillet 1846.

En bordure de la D407, route de MEAUX à CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE, l'empereur NAPOLEON III a ordonné en 1866 la réalisation de ce monument, en mémoire des batailles de la campagne de France de février 1814.

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 02:01

Derrière le rideau d'arbres, se cachent les marais de Saint-Gond.

Notre guide est déjà plongé dans ses méditations napoléoniennes.



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Je profite de notre halte à ETOGES pour me désaltérer à la fontaine " Père la casquette."

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La route d'Etoges à Châlons-en-Champagne.

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A la sortie d' ETOGES.

Derrières les vignes de Champagne, pointe le sommet du clocher de Fèrebrianges.

 

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Germinon et son monument aux morts de la Grande Guerre. 

 

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Eglise de GERMINON.

Dans son ouvrage intitulè 1814
, le grand historien Henri Houssaye ( 1848 - 1911 ) écrit à ce propos :

"Les faisceaux étaient formés depuis un quart d'heure et les hommes commençaient à manger, lorsque le général Delort aperçut un gros de cavalerie qui se dirigeait perpendiculairement à la route. C'était l'avant-garde de l'armée de Silésie, en marche de Châlons sur Bergères. Prévenu par Gneisenau, qui avait poussé en personne une reconnaissance sur la gauche, qu'un convoi considérable s'avançait vers Vatry, Korff avec ses 4000 dragons et chasseurs, les 1500 Cosaques de Karpow et une batterie légère, avait quitté la route à Thibie et passé la Somme-Soude près de Germinon. Pendant ce temps, le gros de l'armée de Blücher, précédé par la cavalerie de Wassiltchikoff, continuait sa marche sur Bergères."

Vers onze heures moins quart, la cavalerie alliée de Korff attaque donc de flanc les Français qui venaient de faire une halte près de Villeseneux, à mi-chemin entre Bergères et
Vatry.

Henry Houssaye s'est très justement interrogé sur le nombre de soldats français engagés dans ce combat de Fère-Champenoise :

"Les rapports russes et les historiens français ( Koch, Vaudoncourt, Thiers ) portent les deux divisions à 5800 ou 6000 fusils. D'après la relation manuscrite du général Delort, brigadier de Pacthod, ce petit corps n'aurait pas dépassé le chiffre de 3300 hommes : 800 pour les conscrits d'Amey ; 2500 pour les gardes nationales de Pacthod et le bataillon du 54ème. A comparer les situations des Archives de la guerre, il semble que Delort ait mis un 2 pour un 3 en donnant l'effectif de la division Pacthod. La situation du 1er mars porte 3955 hommes ; celle du 5 mars, 4007 celle du 10 ( la dernière qui se trouve aux Archives ), 4027. Pacthod ne combattit point du 10 au 25 mars. Qu'il ait perdu pendant ces quinze jours 500 hommes par les maladies et la désertion, c'est bien là tout ce qu'on peut admettre. On arrive ainsi au minimum de 3500 hommes. Pour la division Amey, que Koch évalue à 1800 hommes, la relation du général Delort qui la porte seulement à 800 hommes est conforme aux situations du 11ème corps : 793 hommes."

 

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Pont de Germinon sur la Somme-Soude. 

 

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La Somme-Soude, réunion de deux petites rivières, la Somme, qui prend sa source à Sommesous, et la Soude, qui naît à Soudé-Sainte-Croix.

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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 11:45

Samedi 19 septembre 2009.

Le village est calme, paisible, agréable dans la douceur de cette fin d'été.

Nous en profitons pour effectuer notre pause déjeuner.

L'endroit pour un pique-nique improvisé est idéal en bordure de la petite rivière la Somme.

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Eglise Saint-Etienne de Villeseneux.

 
Villeseneux, vu depuis la route de Trécon.


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Le moulin sur la Somme.

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Villeseneux, au matin du 25 mars 1814.

L'infanterie française est donc surprise en terrain totalement à découvert par les cavaliers ennemis, près de Villeseneux.

Le général Pacthod a visiblement manqué à son devoir : envoyer des reconnaissances dans toutes les directions pour se garder de tous côtés et prendre en temps utile les bonnes dispositions indispensables à la protection de son convoi.

Il commet, dans la foulée, l'erreur fatale :

"Pacthod croyant n'avoir affaire qu'à un fort parti de fourrageurs prit ses dispositions de combat. Sa division, ployée en colonnes de bataillon et ayant ses trois batteries sur le front, appuya sa droite à Villeseneux. La division Amey, formée en un grand carré, occupa la gauche de la ligne de bataille. Les voitures et les fourgons se massèrent en arrière. A l'approche des escadrons ennemis, les gardes nationaux et les Marie-Louises firent bonne contenance. Plusieurs charges simultanées furent repoussées. Pacthod se maintint en position jusqu'à midi ; mais voyant croître les forces de l'ennemi et craignant d'être enveloppé, il se décida à se replier sur Fère-Champenoise en remontant la petite rivière de la Somme-Soude" ( Henry Houssaye )

Henri Houssaye s'est trompé et, malheureusement, à sa suite, des générations d'historiens se sont également trompées, à propos de la remontée de la petite rivière !

Les Français vont, en effet, remonter la Somme et non la Somme-Soude.

Il suffit de consulter avec un peu d'attention une carte de géographie ou mieux de se transporter sur les lieux des combats !

Pour en revenir à Pacthod, il commet l'erreur fatale de ne pas immédiatement décrocher, de ne pas filer rapidement à travers champs vers les hauteurs de Fère-Champenoise.

La retraite ordonnée trop tardivement fut, dès le début, des plus périlleuses :

"On se mit en mouvement, l'infanterie formée en six carrés, les voitures rangées par quatre de front au centre des carrés. La marche était des plus lentes, le désordre se mettant à tout instant dans le convoi et les bataillons s'arrêtant sans cesse pour repousser les charges multipliées de la cavalerie de Korff. L'artillerie russe à cheval, rapide manoeuvrière, venait s'établir à trois cents mètres des Français et leur envoyait une volée de projectiles, puis les cavaliers se ruaient sur les carrés mitraillés." ( Henry Houssaye )

La retraite allait s'effectuer par la traversée de champs boueux, détrempés par les giboulées du mois de mars !

 

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Villeseneux, du latin " villa senatoris ".

Située entre Châlons-en-Champagne et Fère-Champenoise.

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : France:nos plus beaux villages
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 13:20

Nous décidons de poursuivre notre route vers Clamanges, après cette halte déjeuner à Villeseneux.



Nous quittons la route de la vallée de la Somme, entre VILLESENEUX et CLAMANGES, pour emprunter un chemin sableux et surtout trés poussiéreux.

Une épaisse poussière blanche se soulève sous nos roues.

La nature du sol est extrèmement calcaire, crayeuse.

   

 

Nous pensons, avec émotion, aux braves gardes nationaux qui luttèrent des heures durant, avant de succomber en ce 25 mars 1814.  


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Sur les hauteurs de CLAMANGES et de VILLESENEUX, nous découvrons la vallée boisée de la Somme.


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Des images inoubliables pour des passionnés d'Histoire !

   
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Le chemin vers la route de VILLESENEUX à CLAMANGES.



Le chemin en direction de CLAMANGES.



Après la traversée de Clamanges, nous vérifierons si, comme nous le pensons, ce chemin qui sillonne les hauteurs de Villeseneux et de Clamanges est bien parallèle à la route située en contrebas le long de la Somme.

Nous reviendrons donc sur nos pas, avec le ferme espoir de déboucher par ce chemin sur la route de Bergères à Villeseneux, mieux de Trécon à Villeseneux, c'est-à-dire à l'endroit où se situait le convoi de Pacthod surpris par la cavalerie russe de Korff.

Ainsi, nous aurons la certitude de bien sillonner le champ de bataille du second combat de Fère-Champenoise.

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 20:53

Henry Houssaye poursuit ainsi sa narration de la bataille :

"Arrivé à hauteur de Clamanges, le général Pacthod se résigna à abandonner son convoi pour sauver son corps d'armée. Il fit faire halte et ordonna de dételer les chevaux des voitures ; ils serviraient du moins à doubler les attelages de l'artillerie. Le major Caille avec deux bataillons se posta dans Clamanges, et sa droite ainsi appuyée, Pacthod réussit à contenir l'ennemi assez de temps pour que pût s'achever l'opération. La colonne un peu allégée reprit sa marche vers Fère-Champenoise, toujours cheminant sous la mitraille des canons de Korff et au milieu des charges de la cavalerie."

  


Entre Villeseneux et Ecury-le-Repos, le petit village de CLAMANGES dans la verte vallée de la Somme.

 

En parcourant les rues de Clamanges, nous pensons au major Caille qui personnifie la résistance héroïque de quelques milliers de gardes nationaux devant les marais de Saint-Gond, en ce vendredi 25 mars 1814.

  
François Félix CAILLE est né à Amiens, dans le département de la Somme, le 21 avril 1759.

"J'ai commencé ma carrière militaire dans le régiment de dragons de Conty le 25 mars 1777. Louis XVI daigna signer mon premier brevet d'officier. Cette grace ne s'effacera jamais de ma mémoire."

De 1777 à 1809, il sert au 4ème régiment de dragons, sans discontinuer. Ses états de service sont consultables sur internet, dans la base LEONORE des Archives Nationales. 

32 ans 5 mois et 17 jours, au service de la France des Bourbons, de la Révolution Française et de l'Empire napoléonien !

Admis à la retraite en tant que chef d'escadron, Caille ne sort malheureusement pas indemne physiquement de son service militaire.

Le 23 avril 1809, le médecin militaire certifie en effet que Caille a :

"une douleur à la partie supérieure du bras gauche avec impossibilité d'extention de l'avant-bras, suite d'un coup de feu à l'ennemi le 3 mars 1807" ;

"des vertiges fréquents avec perte de la mémoire suite d'un coup de feu reçu à la bataille de Friedland ( 14 juin 1807 ) qui en agissant comme corps contondant sur la partie latérale droite du coronal occasionna une forte commotion au cerveau et resta sans connaissance sur le champ de bataille."

Le médecin militaire est formel à propos de l'état de son patient :

"j'estime que M Caille est hors d'état de continuer son service."

Il reprend pourtant du service, comme chef de la 49ème cohorte, le 10 avril 1812.

La 49ème cohorte est composée de jeunes gens issus du 1er ban de la Garde Nationale, activée par l'Empereur peu de temps avant son départ pour la titanesque expédition de Russie.

Après la perte de sa Grande Armée en Russie, Napoléon décide d'intégrer les cohortes du 1er ban de la Garde Nationale appelées en 1812, dans 22 régiments de ligne créés en 1813 à cet effet.

Ainsi, le 149ème régiment de ligne est pour partie composé de la 49ème cohorte.

Caille, incorporé dans ce régiment, est nommé major, par décret impérial du 13 mars 1813.

La situation militaire empirant au cours de l'année 1813, l'empire napoléonien étant attaqué de tous côtés à la fin de cette année terrible, l'Empereur donne pour cadres aux régiments de gardes nationaux nouvellement levés, des officiers issus des régiments de ligne.

Ainsi, Caille reçoit le commandement d'un régiment de gardes nationaux de la Seine, pendant la campagne de 1814, et ce, en tant que colonel.

En ce vendredi 25 mars 1814, il a son cheval tué à l'affaire de Fère-Champenoise et est fait prisonnier de guerre.

 Il rentre au pays par échange le 16 avril 1814.

Caille est fait d'abord chevalier de la légion d'honneur le 14 avril 1807, puis chevalier d'Empire le 9 décembre 1809 et enfin chevalier de Saint-Louis le 20 août 1823.

Il meurt le 7 janvier 1828 et est enterré au cimetière de la Madeleine, à Amiens. 

 

En jetant un dernier regard sur l'église et le cimetière, nous nous éloignons lentement de ce petit village chargé d'histoire napoléonienne.

 

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Eglise de CLAMANGES

 

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Le portail de l'église de CLAMANGES

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : France:nos plus beaux villages
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 21:07

A Clamanges, nous prenons la route de Trécon et empruntons le premier chemin qui se présente à notre droite.
Nous espérons revenir ainsi sur les hauteurs de Clamanges et de Villeseneux, passer à l'endroit où nous avions peu de temps auparavant découvert un magnifique panorama sur les éoliennes, les étendues de terres cultivées et la vallée boisée de la Somme.


Sur les hauteurs de Clamanges et de Villeseneux, nous repassons effectivement à l'endroit où nous avions découvert les éoliennes, les étendues de terres cultivées et la vallée de la Somme.

Nous avons le sentiment de ne pas perdre notre temps même si nous tournons en rond, de repérer les lieux des combats entre l'infanterie de Pacthod et la cavalerie de Korff.



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GERMINON, vu depuis la route de Trécon à Villeseneux

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Route de Villeseneux à Trécon

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Village et Eglise Saint-Etienne de Villeseneux, au fond de la vallée de la Somme.

Au second plan à gauche, on aperçoit le clocher de l'église de Soudron, dans la vallée de la Soude, sur la route de Vatry.


Notre guide, qui se laisse manifestement emporter par sa passion napoléonienne, est en observation près de la route de Trécon, au dessus de Villeseneux.

Nous sommes visiblement à l'endroit où Korff a accroché les Français.


Route de Trécon : à droite, Villeseneux, en face, Germinon.
 

L'emplacement des éoliennes permet de déterminer approximativement la direction des marais de Saint-Gond.

Nous décidons de poursuivre la découverte des lieux, en reprenant la route qui mène à Villeseneux puis à Clamanges et enfin à Ecucy-le-Repos.

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 12:23



Henry Houssaye continue son récit historique :

"Vers quatre heures, comme on approchait d'Ecury-le-Repos, une section d'artillerie, soutenue par deux régiments de dragons russes, gagna la tête de la colonne et l'arrêta par son feu. En même temps la cavalerie de Wassilitchikoff ( 2500 dragons et hussards et deux batteries à cheval ) qui s'est détachée à son tour de l'armée de Silésie, débouche par Pierre-Morains sur le flanc droit des Français. De son côté Korff redouble ses attaques. Les deux divisions sont cernées de toute part, enfermées dans un cercle effroyable de sabres et de mitraille. Il ne s'agit plus seulement de repousser les charges de l'ennemi et de subir sa canonnade, il faut se faire jour à travers ses masses. Le général Delort forme son carré en colonne d'attaque et fond à la baïonnette sur les dragons et les canonniers qui barrent le chemin de Fère-Champenoise. Ceux-ci reculent. Les Français se remettent en mouvement, mais à un kilomètre plus loin, ils sont arrêtés de nouveau par les mêmes troupes qui ont repris position et dont l'artillerie multiplie ses coups."

La situation devient donc très défavorable aux Français, avec l'entrée en action des cavaliers de Wassilitchikoff.

L'armée de Silésie accentue fortement sa pression sur les troupes de Pacthod et d'Amey qui tentent toujours de rejoindre les corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier, à Fère-Champenoise.

Hélas, plus au sud, ces corps d'armée sont, eux-mêmes, au même moment, en pleine déconfiture sur la route de Vitry-le-François à Fère-Champenoise, culbutés, balayés, malmenés sans cesse par l'armée de Bohême depuis Soudé-Saint-Croix jusqu'à Fère-Champenoise et même au-delà dans la direction de Sézanne.

L'avancée irrésistible de l'armée de Bohême vers l'ouest crée l'événement qui sonne le glas des espérances des troupes de Pacthod et d'Amey :

"Des renforts arrivent encore à l'ennemi : les 1600 cuirassiers de Kretow qui, inquiets d'entendre le canon sur leur droite, ont abandonné la poursuite de Marmont. Cependant les six carrés, disposés en ordre oblique de façon à croiser leurs feux par les quatre faces, résistent à tous les assauts et continuent leur retraite au milieu des tourbillons de cavalerie qui remplissent les vides de l'échiquier.
Depuis plus de quatre heures, on marchait ainsi sous la mitraille et chargé tous les quarts d'heure par les escadrons ennemis. Pas un carré n'avait été entamé, pas un homme n'avait faibli. Les généraux français, plus surpris que les Russes eux-mêmes, de l'intrépidité de ces soldats en sabots et en chapeaux ronds, espéraient atteindre Fère-Champenoise. Arrivés en vue des hauteurs qui dominent cette ville, ils reconnurent que de nombreuses troupes les occupaient." Nous crûmes d'abord, dit le général Delort, que c'étaient les corps d'armée des maréchaux Mortier et Marmont, et nous nous réjouissions d'avoir opéré une jonction qui n'était pas sans gloire. Mais l'illusion fut de courte durée ; la décharge d'une artillerie formidable nous annonça en éclaircissant nos rangs que nous étions en présence d'un nouvel ennemi.
C'étaient les gardes russes et prussiennes, commandées par les souverains en personne." ( Henry Houssaye )

Il s'agit effectivement du tsar Alexandre et du roi de Prusse Frédéric-Guillaume.

A la sortie d'Ecury-le-Repos, nous constatons que Fère-Champenoise est totalement invisible et ses hauteurs complètement inexistantes !

Nous décidons alors de traverser les villages de Morains, d'Aulnay-aux-Planches et de Bannes, pour découvrir l'emplacement exact des marais de Saint-Gond, puis de rejoindre Fère-Champenoise, pour la visiter et repérer ses hauteurs soigneusement cachées.

 

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Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 12:58

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Fère Champenoise ( du latin Fera Campanica ) est située à l'est de Sézanne, sur la route qui mène à Vitry-le-François et à Saint-Dizier.

C'est une petite ville traversée par la Vaure et environnée de terres presqu'entièrement consacrées à la culture.

Autrefois entourée de fossés et de murailles, elle possèdait deux églises, un château et un petit couvent.

En 1756, un incendie détruisit plus de 300 maisons en deux heures.

A la suite de cet incendie, la cité a été rebâtie sur un plan plus régulier.

( source : Notions sur les communes du département de la Marne )

 


En traversant Fère-Champenoise, nous avions seulement à l'esprit le sacrifice des gardes nationaux de Pacthod et d'Amey au profit involontaire des petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier en retraite accélérée sur la route de Fère-Champenoise à Sézanne.

L'historien Bignon donne une idée précise de la description et de la perception des événements historiques sous la monarchie de Juillet ( 1830-1848 ) :

 

"Cependant les deux maréchaux, rivalisant d'intrépidité et de sang-froid, rallient au delà de Fère-Champenoise leurs troupes incessamment suivies et débordées par l'ennemi. Soudain une canonnade furieuse se fait entendre à une lieue à peine, et semble se rapprocher à chaque instant. Le nom de l'empereur a couru dans les rangs des deux armées ; ce mot magique a suffi pour faire arrêter la poursuite des alliés et ranimer nos soldats. Mais l'empereur est loin, et cette canonnade n'annonce qu'un nouveau désastre.

Six mille hommes environ commandés par les généraux Pacthod et Amey escortaient un convoi considérable destiné à l'armée impériale. Guidés par des ordres contradictoires et tardifs, ou plutôt égarés par la fatalité impitoyable qui pèse sur la France, ils sont aux prises avec la cavalerie de l'armée de Silésie. Ignorant toute la gravité du danger qu'il court, Pacthod a prolongé trop longtemps sa résistance à Villeseneux ; il se voit enfin forcé de se replier sur Fère-Champenoise, et bientôt après d'abandonner son convoi pour tâcher du moins de sauver ses hommes. Vain espoir ! d'un côté, Blücher s'acharne à leur poursuite ; de l'autre, la grande armée alliée le sépare déjà des maréchaux. Suivant la retraite des Français, Schwartzenberg et les souverains entraient dans Fère-Champenoise ; au bruit de ce nouveau combat, ils accourent avec la cavalerie de la garde russe et prussienne. Sous leurs yeux, la lutte recommence avec un nouvel acharnement. Quinze mille hussards ou cosaques s'élancent bride abattue ; quatre-vingts pièces d'artillerie battent en brèche les murailles vivantes que leur oppose le général Pacthod. Après sept heures de combat, nos soldats succombent, non pas vaincus, mais étouffés par les masses ennemies. Ceux qui vivent encore, la plupart couverts de blessures, ont été désarmés de force sans s'être rendus. Un millier environ a pu s'échapper dans les marais, et le reste a trouvé la mort sur le champ de bataille."

 
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     L'église.

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     La gare de Fère-Champenoise.


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L'historien Bignon poursuit ainsi son récit plein d'enthousiasme, de fougue et d'énergie :

 

"Quels sont donc ces Français qui ont ainsi combattu ? Est-ce un dernier débris de ces redoutables armées qui ont dompté l'Europe entière ? Opposaient-ils à l'ennemi la tête de Méduse, l'uniforme de la garde impériale ? Non, ce sont presque tous des gardes nationaux angevins, poitevins et bretons, qui n'ont quitté leurs chaumières que depuis deux mois. Beaucoup d'entre eux, encore vêtus de leurs habits de paysan, l'uniforme des insurgés vendéens de 1793, n'ont comme eux d'autres armes que des fusils de chasse. Un mois auparavant, Napoléon avait passé en revue cette cohorte intrépide. "Montrez, leur avait-il dit, de quoi sont capables les hommes de l'Ouest !" L'oeil d'aigle de l'empereur avait bien vite reconnu en eux des soldats dignes de lui.

O nobles victimes ! héros de Fère-Champenoise ! Vendéens morts en combattant l'étranger ! Dans ces jours de faiblesses et de trahisons, de malheurs et de ténèbres, votre gloire rayonne à jamais ! Tandis que la restauration ( 1814-1830 ) prodiguait les panégyriques et les statues aux héros de conspirations et de guerres civiles, tandis que l'Allemagne élevait de tous côtés des monuments funèbres aux braves de sa landwehr, les ossements de nos défenseurs ont blanchi oubliés dans les plaines de la Champagne, et la France de juillet ( 1830-1848 ) leur doit encore un mausolée ! Puisse du moins leur souvenir, exalté par tous les historiens, demeurer impérissable dans nos coeurs !"

 

Nous espérons qu'à l'occasion du bicentenaire de la campagne de France de 1814, en 2014 précisément, la République Française saura honorer la mémoire collective des gardes nationaux tombés près de Fère-Champenoise, devant les marais de Saint-Gond.

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : France:nos plus beaux villages
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 17:43

Samedi 19 septembre 2009


Carte des routes et chemins au nord de Fère-Champenoise, centrée sur les lieux des combats des divisions de gardes nationales actives sous le commandement des généraux Pacthod et Amey.
( Etablie d'aprés le document "Plan des Trettens bei Fere Champenoise den 25ten März 1814" )


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Nous trouvons enfin les hauteurs de Fère-Champenoise citées dans le récit de l'historien Henry Houssaye, précisément au nord est de la ville.

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Sur la droite derrière le vallon, nous apercevons le sommet du clocher de l'église de Fère-Champenoise.


Les Silos de Normée et de Lenharrée.


Nous repérons l'emplacement très probable de l'artillerie des troupes coalisées de l'armée de Bohême.


Une hauteur boisée au loin sur cette plaine vallonnée.

 

La pente est douce.

 


Nous n'avons aucune visibilité du village d'Ecury-le-Repos.

Notre guide est visiblement perdu dans le triangle formé par Morains, Ecury-le-Repos et Fère-Champenoise.

Sa carte ne lui est d'aucun secours.

Il regarde fixement vers Normée et son silo.

Le terrain est désespérément nu : aucune plaque commémorative ; aucun monument érigé à la mémoire des soldats tombés le 25 mars 1814.

Une ligne verte composée d'arbres bouchant l'horizon au second plan, nous décidons de poursuivre notre chemin poussiéreux pour la dépasser et découvrir de nouveaux horizons.


D'ici, nous apercevons les toits des maisons d'Ecury-le-Repos.

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Devant nous, Ecury-le-Repos, et derrière nous, les hauteurs de Fère-Champenoise, précisément le mont Hubert.

Notre point d'observation est à marquer d'une croix tricolore !

Aprés la bataille

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 13:46


Le ciel devient subitement menaçant.

Par moments, cette plaine n'est guère accueillante.

Il nous revient à l'esprit que les quelques milliers de braves sous Pacthod et Amey étaient bien seuls au milieu de la multitude des cavaliers ennemis.

Clausewitz, grand théoricien de la guerre et ennemi juré de Napoléon, a fait une analyse pertinente à ce propos.

Il a, en effet, vivement critiqué le changement de stratégie inopiné adopté par l'Empereur en personne au lendemain de sa défaite d'Arcis-sur-Aube, le 22 mars 1814.

Cette nouvelle stratégie visait à agir directement sur les arrières de la grande armée de Bohême, commandée par l'Autrichien Schwarzenberg, et ainsi à l'éloigner de PARIS.

Par voie de conséquence, l'Empereur Napoléon renonçait à diriger lui-même les opérations militaires de protection rapprochée de la capitale.

Il abandonnait la défense de PARIS aux petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier ainsi qu'aux maigres détachements des généraux Pacthod, Amey et Compans.

Toutes ces forces dispersées dans la campagne champenoise étaient pratiquement livrées à elles-mêmes, en l'absence d'un véritable commandant en chef, d'un grand stratége pour les commander.

Marmont et Mortier étaient certes d'excellents entraîneurs d'hommes mais aucun des deux n'avait l'étoffe d'un chef de guerre capable d'élaborer une stratégie de couverture efficace de la capitale.

Aprés la bataille -

 

 

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Champs de bataille

 

 

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Les âmes

 

Ni les Français ni les Alliés russes, autrichiens et prussiens n'ont laissé la moindre trace de leur lutte épique.

Aucune ferme ancienne des environs n'a été transformée en musée du champ de bataille.

Aucun centre historique du visiteur  n'a été construit en ce coin de terre parfaitement entretenu par les paysans champenois.
 
La défaite de Fère-Champenoise a été complètement éclipsée par le désastre de Waterloo, l'année suivante, le 18 juin 1815.

Il est vrai qu'à Waterloo, le grand homme, Napoléon, était bel et bien présent. 

 

Champs de bataille de Fère-Champenoise

 

A regret, nous avons quitté le lieu des combats du 25 mars 1814, en nous promettant d'y revenir chaque année.

Nous avons repéré l'itinéraire suivi par les braves de Pacthod et d'Amey, itinéraire éclairé par les villages de Villeseneux, de Clamanges et d'Ecury-le-Repos, et ce, jusqu'aux hauteurs de Fère-Champenoise.

Délibérément, nous arrêtons notre reconnaissance du champ de bataille aux pieds de ces hauteurs, derniers espoirs de salut pour les Français.

Ce qui se passe ensuite mérite amplement une autre exploration du terrain qui s'étendrait de Fère-Champenoise jusqu'aux marais de Saint-Gond.

 

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Conscrit de 1814  ( Marie-Louise ).

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /Jan /2010 13:22

Dimanche 11 octobre 2009.

Notre troisième voyage à travers l'histoire de la campagne de France de 1814 doit nous permettre d'étoffer nos connaissances sur l'environnement rural et urbain de Fère Champenoise.

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Un ancien relais de poste en bordure de la RN4 entre Esternay et Sézanne au lieu-dit Beauvais.

Nous faisons, sous un ciel très sombre,  notre entrée dans Sézanne, à la recherche du cimetière communal, précisément de la tombe du général Louis HARLET ( 1772-1853 ).

Cette cité champenoise, traversée à maintes reprises par les troupes françaises et étrangères en 1814, vaut vraiment le détour.

 

Dans sa Notice historique et topographique sur la ville de Sézanne, Pierre François BROUARD écrit :

 

" Le 20 mars, une division française du corps d'armée commandé par le duc de Raguse ( Marmont ), vint occuper Sézanne. 

On apercevait toujours dans les environs quelques cosaques, qui ne cessèrent de harceler nos troupes pendant plusieurs jours ; il en vint même jusqu'au parc d'artillerie de réserve campé au bout du faubourg Goyer.

Le 25, après le combat de Fère-Champenoise, l'armée française, commandée par les ducs de Raguse et de Trévise ( Mortier ), accablée par les masses réunies des Russes, Prussiens, Allemands, Autrichiens et Suédois, fut forcée d'opérer sa retraite par Sézanne, La Ferté-Gaucher, Chailly, Trilport, Meaux et Villeparisis, où elle prit position pour la bataille du 30 mars, sous les murs de Paris.

Le 26 au matin, le canon et la fusillade tonnaient très-fort ; le brouillard était si épais, joint à la fumée des bouches à feu, que les troupes avaient peine à se reconnaître.

Les Français se retiraient en désordre, poursuivis par l'armée ennemie, qui commença son entrée en ville sur les 10 heures du matin. Cette armée était si nombreuse, qu'elle pénétrait par toutes les issues comme les flots d'une mer en courroux. Le passage de la cavalerie et de l'infanterie seules dura 8 heures consécutives, et celui de l'artillerie et des bagages, près de huit jours.

Les souverains de Prusse et de Russie étaient à la tête de leurs troupes, et le prince de Schwartzemberg commandait en chef les Autrichiens.

Le roi de Prusse, accompagné du prince royal, son fils, mangèrent à Sézanne. Ils descendirent, suivis de leur état-major, dans la maison de M. Huguier, marchand tapissier sur la grande Place, près l'église, et, après leur repas, continuèrent leur route.

Les autorités et une grande partie des habitans de la ville avaient tout abandonné pour se réfugier dans la capitale, dans les forêts environnantes et dans les villes et villages éloignés qui n'étaient point envahis par les étrangers.

La ville fut pillée et saccagée de fond en comble ; il ne resta debout que les murailles ; les soldats pillards chargeaient les marchandises et tout ce qu'ils trouvaient  sur des voitures et charrettes prises en réquisition, ainsi que les hommes et les chevaux, pour les conduire. Ce qu'ils ne purent emporter fut volé par des vagabonds comme il ne s'en trouve que trop souvent dans tous les pays.

Ce ne fut que le 4 avril qu'on apprit ici le renversement total de l'empire et l'entrée de l'ennemi dans la capitale. "

 

Un très, très gros coup de coeur pour cette cité ravagée par la guerre de 1814 !   
 
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Sézanne.
Le centre ville et l'église Saint-Denis.

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Les rues de Sézanne.

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Sézanne.

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La rue Cogne-Fort.

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L'église Saint-Denis de Sézanne.

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Maison à colombages.

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Rue Cogne-Fort.

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Maréchal-Ferrant.

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Ruelles de Sézanne.

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Maisons anciennes.

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Colombages.

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Ecole.

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Hôtel de Ville de Sézanne.

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L'église Saint-Denis de Sézanne et la fontaine.

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Intérieur de l'église Saint-Denis.

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Intérieur de l'église.

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Intérieur de l'église.

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Eglise Saint-Denis de Sézanne.

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Porche de l'église Saint-Denis.

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Détails des sculptures du porche.

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Détail d'une sculpure, une superbe représentation du fameux poulet rôti à quatre pattes, de Sézanne.

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Gargouille de l'église Saint-Denis.

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Une rue de Sézanne.

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Vue d'ensemble de Sézanne.

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La rue menant au cimetière.

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Rue menant au cimetière.

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Sézanne, la ville vue depuis le cimetière.

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Cimetière de Sézanne.

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DSC 6228 Sézanne

 

Dans ce cimetière, nous n'avons malheureusement pas trouvé la tombe du général HARLET.

 

Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Découverte de la photographie
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 12:11

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Le 25 mars 1814, les gardes nationaux commandés par le général Pacthod étaient cernés de tous les côtés par les cavaliers ennemis des armées de Silésie et de Bohême, dans la plaine située au nord est de Fère-Champenoise.

 

Ils avaient longtemps espéré rejoindre les petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier à Fère-Champenoise mais, arrivés près des hauteurs de cette ville, ils eurent à souffrir du feu des canons russes.

 

L'historien Henry Houssaye écrit à ce propos :

 

"La retraite sur Fère devenait impossible. Pacthod prit le parti de dégager sa droite par un effort vigoureux et de gagner les marais de Saint-Gond. S'il pouvait les atteindre, il défierait toutes les attaques de la cavalerie. Les Français ayant perdu plus d'un tiers de leur effectif et ne formant plus que quatre carrés ( trois des six carrés réduits à un trop petit nombre de baïonnettes s'étaient fondus en un seul ) se mirent stoïquement en marche dans la nouvelle direction. Encore une fois ils percèrent la masse des chevaux."

 

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Henry Houssaye poursuit ainsi son récit :

 

"A chaque pas qu'ils faisaient, cette masse grossissait autour d'eux. Aux 4000 cavaliers de Korff et aux 1500 Cosaques de Karpow s'étaient joints successivement les 2500 hussards et dragons de Wassilitchikoff, et les 1600 cuirassiers de Kretow. Arrivaient maintenant à la rescousse les trois régiments de cavalerie légère de la garde russe, la division de hussards de Pahlen, la division de cuirassiers de la garde russe de Depréradowitsch, la brigade de cavalerie de la garde prussienne, les huit régiments de cuirassiers autrichiens de Nostitz, enfin les chevaliers-gardes avec le grand-duc Constantin. Il y avait là vingt mille cavaliers. Les Français n'étaient plus même trois mille. "Nos troupes, dit le général Delort, n'en marchaient que plus serrées et plus fièrement, comme si leur énergie s'accrût à proportion des périls." On fit encore six kilomètres dans cette tempête de chevaux. L'ennemi n'arrêtait ses charges que pour permettre aux batteries de mitrailler ces intrépides bataillons."  

 

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"Un seul carré, démoli par les boulets, fut enfoncé. Les hommes continuèrent à se défendre ; ils furent presque tous sabrés. Les trois autres carrés allaient atteindre les marais, lorsque le général Dépréradowitsch, qui les avait facilement devancés vers Bannes avec un régiment de cuirassiers et une partie des batteries de réserve, les arrêta net par le feu de quarante-huit pièces de canon." ( Henry Houssaye )  

 

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"Les soldats ne voulaient point se rendre, mais Pacthod pensa qu'après une résistance si longue et si valeureuse, son devoir de commandant en chef lui imposait d'épargner ce qui restait de ses hommes. Il sortit de son carré et s'avança fièrement, le bras droit brisé par une balle tombant inerte et ensanglanté le long du corps, au-devant d'un nouveau parlementaire, le colonel de Thiele : " - Rendez-vous, mon général, lui cria Thiele : je vous en supplie. Vous êtes cerné de tous côtés.""-Je ne parlemente pas sous le feu des batteries, répondit froidement Pacthod. Faites cesser votre feu, je ferai cesser le mien." L'artillerie russe s'étant sur ce point arrêtée de tirer, Pacthod rendit son épée. Peu après, le carré du général Delort, battu à mitraille sur ses quatre faces, ayant épuisé toutes ses cartouches et ayant repoussé plusieurs charges à la baïonnette sans tirer un seul coup de feu, mit bas les armes. Le dernier carré résistait encore. Une nouvelle volée de boulets ouvrit une brèche dans ces murailles vivantes ; la cavalerie y entra, sabrant les soldats désunis qui se défendaient corps à corps et tâchaient de se frayer passage jusqu'aux marais de Saint-Gond. Cinq cents environ purent s'échapper." ( Henry Houssaye )

 

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"Après le combat, les souverains ( le czar de Russie et le roi de Prusse ) se firent présenter les généraux prisonniers : Amey, Delort, Bonté, Janin, Thévenet et Pacthod ; ces deux derniers étaient blessés. Le czar loua chaleureusement les généraux pour leur héroïque défense, et ordonna qu'on leur rendit leur épée et leurs chevaux." ( Henry Houssaye )

 

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"De ces 4300 hommes qui avaient fait sept lieues en combattant contre 5000, puis contre 10000, puis contre 20000 cavaliers, que secondait une artillerie formidable, 500 avaient pu gagner les marais, 1500, un grand nombre blessés, s'étaient rendus après une résistance désespérée, plus de 2000 étaient tombés sur le champ de bataille." ( Henry Houssaye ) 

 

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Henry Houssaye cite à propos le général Delort :

 

"Il n'est personne qui n'ait fait au delà de ce que prescrit l'honneur, mais je ne saurais trouver d'expression pour rendre témoignage aux gardes nationales. L'épithète de braves et d'héroïques est sans force et sans énergie pour donner l'idée précise de leur conduite. C'est la valeur la plus impassible en même temps qu'elle est la plus énergiquement active, selon qu'il faut recevoir la mort sans chercher à l'éviter ou conserver la vie pour prouver qu'on sait la défendre."

 

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La version des événements proposés par Henry Houssaye appartient à une littérature historique qui exaltait le sentiment national et enflammait les imaginations à la fin du XIXème siècle au détriment quelquefois de la vérité historique.

 

C'est pourquoi nous préférons le récit donné par le commandant Weil ( 1845-1924 ) dans son ouvrage magistral intitulé : La campagne de 1814 ( d'après les documents des Archives impériales et royales de la guerre à Vienne ), La cavalerie des armées alliées pendant la campagne de 1814.

 

Il nous semble, en effet, plus proche de la réalité historique pour les motifs suivants :

. Les Français marquent le pas de la sortie d'Ecury-le-Repos jusqu'à l'approche des hauteurs de Fère-Champenoise : "Malgré les pertes qu'il avait subies en route, bien qu'il eut semé pas mal de monde sur son chemin, il ( le général Pacthod ) n'en avait pas moins réussi à atteindre entre 2 et 3 heures de l'après-midi Ecury-le-Repos sans qu'aucun de ses carrés eût été entamé." ; "A 5 heures, les débris de ces deux héroïques divisions ( Pacthod et Amey ) étaient arrivés à une demi-lieue environ de Fère-Champenoise." ( Weil )

Les Français ont parcouru tout au plus un kilomètre d'Ecury-le-Repos vers Fère-Champenoise, pendant un temps compris entre deux et trois heures.

 

. L'artillerie russe du colonel Markoff postée sur les hauteurs de Fère-Champenoise est une batterie à cheval qui peut occuper simultanément ou successivement des positions très avantageuses pour canonner les carrés français confinés dans le couloir de la mort, le couloir de plaine descendant vers les marais de Saint-Gond, entre Ecury-le-Repos, Morains-le-Petit, Aulnay-aux-Planches et les hauteurs de Fère-Champenoise ( mont-Hubert et chemin de traverse à la cote 167 ). La cavalerie et l'artillerie russes manoeuvrent donc sur un terrain qui leur est très favorable.

Le commandant Weil décrit fort bien la destruction rapide des carrés restants lorsqu'ils prirent la direction des marais de Saint-Gond :

"Un des quatre carrés français, criblé par les boulets de l'artillerie de Wassiltchikoff et de Markoff et presque entièrement détruit, est bientôt hors d'état de continuer la lutte et les quelques hommes qui restent encore debout sont obligés de déposer les armes. Le général Borosdin, à la tête des régiments de dragons de la Nouvelle-Russie et de Kargopol ( division du général Korff ) charge un deuxième carré, l'enfonce, le culbute et enlève quatre canons. Les débris de ce carré groupés autour du général Pacthod rejoignirent à grand'peine les deux derniers carrés qui, battus par la mitraille et perdant du monde à chaque pas, se réunirent en une seule masse et continuèrent leur retraite vers les marais."

 

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. Les Français se dirigeaient vers les marais de Saint-Gond, plus étendus à l'époque des faits, qu'aujourd'hui.

Après 1814, ils ont été effectivement considérablement asséchés pour le plus grand profit de l'agriculture.

Le dernier carré de la garde nationale avançait pas à pas vers les marais, donc vers le nord, pour y trouver refuge. C'est la raison pour laquelle le général Depreradovitch positionna ses troupes, les chevaliers-gardes et quatre pièces d'artillerie à cheval, entre Aulnay-aux-Planches et Morains-le-Petit, pour lui en interdire l'accès. L'action conjuguée de la cavalerie et de l'artillerie mit fin à la résistance du dernier carré.

"Transporté d'enthousiasme et profondément ému par tant de courage, l'empereur Alexandre, sourd aux représentations de ses officiers, pénétra lui-même avec son escorte dans le carré afin de mettre un terme au carnage et de sauver les braves qui avaient survécu." ( Weil )

"Des deux divisions des généraux Pacthod et Amey, ce fut à peine si quelques hommes réussirent à échapper et parvinrent, grâce aux ténèbres, à gagner les marais de Saint-Gond." ( Weil )

Pour l'historien Henry Houssaye, 500 hommes étaient parvenus à  se réfugier dans les marais !

Ainsi, les chiffres donnés par deux éminents historiens, Houssaye et Weil, varient non pas du simple au double mais précisément du simple au centuple !

Les gardes nationaux ont parcouru un kilomètre tout au plus de l'endroit où ils ont quitté le chemin de Fère-Champenoise à la dernière position la plus vraisemblable du dernier carré.

Nous sommes bien loin des six kilomètres parcourus jusqu'aux abords de Bannes !  Le commandant Weil ne tient d'ailleurs aucun compte de ces six kilomètres qui auraient obligé les gardes nationaux à cheminer en dehors et le long des marais et à prendre la direction de l'ouest.

Pourquoi prendre la direction de Bannes alors que les marais étaient accessibles entre Aulnay-aux-Planches et Morains-le-Petit ?

Pourquoi rallonger inutilement la retraite de l'infanterie française sur un terrain très favorable à l'action conjuguée de l'artillerie à cheval et de la cavalerie ennemies ?

  

. Il est vrai qu'en descendant vers Aulnay-aux-Planches, les gardes nationaux se rapprochaient effectivement de Bannes, et qu'en se repliant à Allemant, le maréchal Marmont a donné le sentiment de vouloir récupérer les débris des divisions Pacthod et Amey.

Il n'en reste pas moins que les carrés de gardes nationaux se protègeaient mutuellement dans leur marche et que les débris d'un carré enfoncé par la cavalerie russe pouvaient non sans mal se réfugier dans un autre carré encore intact.

La fraternité des combattants français aurait été fragilisée immédiatement par l'éloignement d'un carré vers Bannes ( à l'ouest ) alors que les autres carrés auraient continué à cheminer vers Aulnay-aux Planches ( au nord ).

La solidarité entre frères d'armes à l'épreuve commune du feu aurait été alors rompue.

C'est pourquoi nous adhérons pleinement à la thèse du commandant Weil, à propos du dernier carré de la Garde Nationale. 

 

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Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Patrimoines de l'humanité
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 12:58

Mondement.

 

Monument national de la victoire de la Marne, en 1914.

 

Nous avons quitté momentanément les marais de Saint-Gond pour prendre de la hauteur, dominer une partie de la plaine en direction de Fère-Champenoise et réfléchir, à l'ombre de l'imposant monument de la Grande Guerre, aux désastres du 25 mars 1814.

 

A la réflexion, le maréchal Marmont aurait été bien inspiré de regrouper toutes les troupes isolées à Sézanne, couvertes au nord par les marais de Saint-Gond et le plateau de Mondement et au sud par la forêt de Traconne.

 

A ce propos, les historiens militaires affirment volontiers qu'en s'aventurant dans les plaines champenoises, le maréchal Marmont a perdu bêtement la moitié de ses troupes le 25 mars 1814, rendu totalement impossible une retraite maîtrisée de position en position jusqu'aux abords de Paris et, bien entendu, le retour à temps de Napoléon dans sa capitale pour prendre le commandement direct de sa défense.

 

L'historien Henry Houssaye, qui ne manque pas de ressource intellectuelle, fait une critique différente du commandement de Marmont :

 

"On a imputé à Marmont les malheurs de la journée de Fère-Champenoise. S'il avait marché plus vite en quittant Fismes, a-t-on dit, il aurait pu opérer sa jonction avec l'empereur, et puisqu'il avait perdu tant de temps, du moins aurait-il dû se porter sur Sézanne au lieu de s'aventurer vers Soudé. A Sézanne, il se fût renforcé des 6000 hommes des généraux Pacthod, Amey et Compans, et il eût très vraisemblablement évité un combat contre les armées alliées. Ces reproches sont peu fondés. Marmont ne pouvait savoir qu'il y eût trois divisions françaises à Sézanne, et d'autre part ses troupes firent plus de trente lieues du 21 au 24 mars. Ce n'est point de la lenteur de sa marche qu'il faut accuser le duc de Raguse ( Marmont ), c'est de la mauvaise direction de cette marche. Là est l'immense faute, à mieux dire l'erreur fatale de Marmont. Si au lieu de se guider sur un ordre, d'ailleurs sujet à interprétation, du major-général ( le maréchal Berthier ), Marmont eût réglé ses mouvements d'après ceux de l'ennemi, il se fût porté le 18 mars à Reims, en place de se porter à Fismes. Les avants-gardes de l'armée de Silésie, arrêtées ainsi devant Reims jusqu'au 21, et contenues ensuite dans leur marche par Marmont et Mortier, qui se fussent repliés sur Châlons, n'auraient pu arriver que le soir du 23 vers les sources de la Somme-Soude. Quelles conséquences ! Le 23 mars, le conseil de guerre des Alliés, ignorant l'approche des troupes de Blücher, n'aurait pas pris le parti de diriger l'armée vers Châlons. On se fût donc résolu soit à suivre l'Empereur au delà de la Marne, manoeuvre à laquelle Napoléon voulait amener l'ennemi, soit à se retirer sans combat sur Langres, retraite qui selon les historiens russes et allemands ne se fût arrêtée qu'au Rhin. En tout cas, les Coalisés n'auraient pas entrepris si tôt leur marche sur Paris. Il y a rarement de petites causes à de grands effets ; mais, à la guerre, ce n'est pas une petite cause qu'un faux mouvement."   

 

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Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : Bataille de Fère-Champenoise 25 mars 1814 - Communauté : Patrimoines de l'humanité
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