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La défaite oubliée

Pont sur le ruisseau " Le Dolloir ".

DSC_6027-Le-Dolloir.JPG

L'historien Henry Houssaye ( 1848-1911 ) a donné son point de vue à propos des effectifs réellement engagés par les Français dans les batailles du 10 au 14 février 1814 :

 

" Les historiens allemands ont cherché à diminuer l'honneur de ces belles victoires en disant que les Français s'y battaient deux contre un. Pour prouver la chose, ils diminuent arbitrairement les effectifs des Alliés, et ils grossissent ceux de l'empereur. Or, d'après les situations des archives de la guerre et d'après les chiffres portés pour les corps alliés au passage du Rhin par les rapports étrangers, voici le tableau des troupes combattantes dans ces différentes rencontres : ( il est bien entendu que nous défalquons 20 pour 100 de pertes pour les troupes d'Olsufjew et de Sacken ayant livré bataille à Brienne et à la Rothière, et 10 pour 100 pour celles d'York, de Kleist et de Kapzéwitsch ).

 

A Champaubert : corps d'Olsufjew : 4700 hommes.- Divisions Ricard et Lagrange : 3200 ; 1er corps de cavalerie : 1500 ; 2 escadrons de garde impériale : 150. Total : 4700 Russes contre 4850 Français.

 

A Montmirail : corps Sacken : 15700 ; brigades Pirch et Horn ( du corps York ), 16 bataillons : 7000.- Division Ricard : 1200. Vieille garde ( 10 bataillons ) : 4000. Cavalerie de la garde : 4200 ; gardes d'honneur : 900. Divisions de Ney : 2500. Total : 22700 Russes et Prussiens contre 12800 Français.

 

A Vauchamps : corps Kleist ( moins la division Klux ) : 13500 ; débris du corps Olsufjew : 1500 ; Kapzéwitsch : 6500.- Divisions Ricard et Lagrange : 3000 ; 1er et 2ème corps de cavalerie : 3600 ; cavalerie de la garde ( moins la division Colbert ) : 3300 ; 1 bataillon de vieille garde : 400. Total : 21500 Prussiens et Russes contre 10300 Français.

 

Il est bon de rappeler, d'ailleurs, aux apologistes de Blücher que c'était seulement avec 24000 hommes,- l'élite de son armée, à la vérité- que Napoléon avait entrepris ces opérations contre les 57000 hommes de l'armée de Silésie. "


Stockage-blog 1790 Pont du Dolloir 02

 

Ferme des Greneaux ( bataille de Montmirail ).

 

DSC 6038 Monument ferme du 11 fev 1814 02

 

L'historien Henry Houssaye ( 1848 - 1911 ) écrit à propos des victoires françaises contre l'armée de Blücher, durant les journées mémorables du 10 au 12 février 1814 :

 

"Les Alliés regardaient déjà la campagne de France comme terminée ; pour Napoléon, elle allait seulement commencer. Tandis que les temporisations de Scharzenberg laissent à l'empereur la liberté de ses mouvements, Blücher s'engage témérairement dans une marche latérale où il échelonne ses quatre corps d'armée à plus d'une étape les uns des autres. Il prête le flanc à Napoléon. Dans la nuit du 7 au 8 février, lorsque le duc de Bassano entre chez l'empereur afin de lui faire signer des dépêches pour Châtillon, il le trouve couché à terre sur ses cartes piquées d'épingles. "-Ah! vous voilà, lui dit Napoléon, en détournant à peine la tête. Il s'agit maintenant de bien d'autres choses. Je suis en ce moment à battre Blücher de l'oeil." Le lendemain, l'empereur donne ses ordres. Le maréchal Victor, ayant le maréchal Oudinot en seconde ligne, restera à Nogent pour disputer aux Austro-Russes le passage de la Seine. Le corps de Marmont, qui a déjà commencé son mouvement, la garde et la cavalerie de Grouchy remonteront par Sézanne pour attaquer l'armée de Silésie en marche sur la route de Châlons à Paris. Au reste, l'empereur ne précipite rien. Il a à coeur de ne pas faire de faux mouvement. Depuis deux ou trois jours déjà il médite sa belle manoeuvre, mais avant de commencer d'agir il veut que Blücher soit irrémédiablement compromis. C'est le 9 février seulement que Napoléon quitte Nogent de sa personne ; il couche à Sézanne, et le 10, ayant rejoint à 9 heures du matin le corps de Marmont devant les défilés de Saint-Gond, il lance ses colonnes à l'attaque."

 

 Fère Champenoise

 

"Le corps d'Olsufjew, repoussé de position en position au delà de Champaubert, est presque entièrement anéanti. Plus de 2000 prisonniers dont Olsufjew et deux autres généraux, 15 bouches à feu, des équipages, des drapeaux restent aux mains des Français. 1500 hommes à peine échappent au désastre. Les soldats enthousiastes appellent le bois de Champaubert : le Bois enchanté. Le beau mouvement stratégique de Napoléon a réussi. La colonne allongée de l'armée de Silésie est coupée en deux tronçons. L'empereur s'interpose entre Blücher, qui arrive de Châlons, et Sacken et York, qui refoulent Macdonald jusque vers Meaux. Ces deux généraux viennet d'être instruits de la marche de l'armée française ; ils rebroussent chemin et se replient en toute hâte sur Montmirail. L'empereur les y devance. Comme la veille à Champaubert, la victoire est complète. Perdant 4000 hommes, Russes et Prussiens se retirent ou plutôt s'enfuient par la route de Château-Thierry. Les Français les poursuivent et, le lendemain, 12 février, ils leur infligent une nouvelle défaite, leur tuant ou leur prenant 3000 hommes, les forcent dans Château-Thierry et les rejettent en désordre derrière l'Ourcq."

 

Ferme de la nuit du 11 fev 1814 600ko

 

La ferme des Gréneaux est devenue une véritable décharge à ciel ouvert ! 

 

Ferme des Grénaux

 

La ferme des Gréneaux telle qu'elle se présentait en 1814.

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - La campagne de France

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La défaite oubliée

Histoire militaire de la France ; campagne de 1814 ( Fère-Champenoise, Saint-Jean-Les-Deux-Jumeaux, Trilport et Meaux ; cohortes de gardes nationaux et compagnies mobiles de canonniers garde-côtes de Napoléon ) ; bicentenaire de 1814 en Brie et en Champagne ; général Farine du Creux ( 1770-1833 ) ; bataille de la Marne de 1914 ( Marais de Saint-Gond ) ; centenaire de la Grande Guerre 1914-1918 ( Meaux et Chauconin-Neufmontiers ) ; campagnes de 1940 et de 1944-1945 ; service historique de la Défense ( SHD ) au château de Vincennes ( Val-de-Marne ) ; Santeny ( Val-de-Marne ) ; notre bonne ville de Yerres ( Essonne ).

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