Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 12:23



Henry Houssaye continue son récit historique :

"Vers quatre heures, comme on approchait d'Ecury-le-Repos, une section d'artillerie, soutenue par deux régiments de dragons russes, gagna la tête de la colonne et l'arrêta par son feu. En même temps la cavalerie de Wassilitchikoff ( 2500 dragons et hussards et deux batteries à cheval ) qui s'est détachée à son tour de l'armée de Silésie, débouche par Pierre-Morains sur le flanc droit des Français. De son côté Korff redouble ses attaques. Les deux divisions sont cernées de toute part, enfermées dans un cercle effroyable de sabres et de mitraille. Il ne s'agit plus seulement de repousser les charges de l'ennemi et de subir sa canonnade, il faut se faire jour à travers ses masses. Le général Delort forme son carré en colonne d'attaque et fond à la baïonnette sur les dragons et les canonniers qui barrent le chemin de Fère-Champenoise. Ceux-ci reculent. Les Français se remettent en mouvement, mais à un kilomètre plus loin, ils sont arrêtés de nouveau par les mêmes troupes qui ont repris position et dont l'artillerie multiplie ses coups."

La situation devient donc très défavorable aux Français, avec l'entrée en action des cavaliers de Wassilitchikoff.

L'armée de Silésie accentue fortement sa pression sur les troupes de Pacthod et d'Amey qui tentent toujours de rejoindre les corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier, à Fère-Champenoise.

Hélas, plus au sud, ces corps d'armée sont, eux-mêmes, au même moment, en pleine déconfiture sur la route de Vitry-le-François à Fère-Champenoise, culbutés, balayés, malmenés sans cesse par l'armée de Bohême depuis Soudé-Saint-Croix jusqu'à Fère-Champenoise et même au-delà dans la direction de Sézanne.

L'avancée irrésistible de l'armée de Bohême vers l'ouest crée l'événement qui sonne le glas des espérances des troupes de Pacthod et d'Amey :

"Des renforts arrivent encore à l'ennemi : les 1600 cuirassiers de Kretow qui, inquiets d'entendre le canon sur leur droite, ont abandonné la poursuite de Marmont. Cependant les six carrés, disposés en ordre oblique de façon à croiser leurs feux par les quatre faces, résistent à tous les assauts et continuent leur retraite au milieu des tourbillons de cavalerie qui remplissent les vides de l'échiquier.
Depuis plus de quatre heures, on marchait ainsi sous la mitraille et chargé tous les quarts d'heure par les escadrons ennemis. Pas un carré n'avait été entamé, pas un homme n'avait faibli. Les généraux français, plus surpris que les Russes eux-mêmes, de l'intrépidité de ces soldats en sabots et en chapeaux ronds, espéraient atteindre Fère-Champenoise. Arrivés en vue des hauteurs qui dominent cette ville, ils reconnurent que de nombreuses troupes les occupaient." Nous crûmes d'abord, dit le général Delort, que c'étaient les corps d'armée des maréchaux Mortier et Marmont, et nous nous réjouissions d'avoir opéré une jonction qui n'était pas sans gloire. Mais l'illusion fut de courte durée ; la décharge d'une artillerie formidable nous annonça en éclaircissant nos rangs que nous étions en présence d'un nouvel ennemi.
C'étaient les gardes russes et prussiennes, commandées par les souverains en personne." ( Henry Houssaye )

Il s'agit effectivement du tsar Alexandre et du roi de Prusse Frédéric-Guillaume.

A la sortie d'Ecury-le-Repos, nous constatons que Fère-Champenoise est totalement invisible et ses hauteurs complètement inexistantes !

Nous décidons alors de traverser les villages de Morains, d'Aulnay-aux-Planches et de Bannes, pour découvrir l'emplacement exact des marais de Saint-Gond, puis de rejoindre Fère-Champenoise, pour la visiter et repérer ses hauteurs soigneusement cachées.

 

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Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : 1814 Fère-Champenoise - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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