Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 21:03

Appelées et mobilisées en application des décrets impériaux des 5 avril 1813, 30 décembre 1813 et 6 janvier 1814, des gardes nationales actives regroupées en deux divisions se concentrent à MEAUX, en ce mois de février 1814.

Ainsi, les gardes nationales du camp de SOISSONS, qui se trouvaient à COMPIEGNE, s'y établissent, le 24 février 1814, " d'après les intentions de l'Empereur ".

Il s'agit précisément des gardes nationales des départements de l'Eure, de l'Oise, de la Somme, de la Seine et Oise ( partagée de nos jours, entre les trois départements de l'Essonne, du Val-d'Oise et des Yvelines, principalement ) et de la Seine Inférieure ( aujourd'hui Seine-Maritime ).

Ces gardes nationales comptent au total 32 officiers et 1510 sous-officiers et soldats.

L'adjudant commandant NOIZET est le véritable commandant de ces gardes nationales.

A titre indicatif, adjudant commandant est un grade intermédiaire entre colonel et général de brigade.

A la même époque, le 21 février 1814, les gardes nationales du camp de Meaux sous les ordres du maréchal MACDONALD, commandant du 11ème corps d'armée, sont les suivantes :

 . 1 bataillon du Calvados et 1 bataillon de la Manche appartenant aux régiments du Calvados et de la Manche ;

. 1er et 2ème bataillons du régiment de l'Orne ;

. 1er, 2ème, 3ème et 4ème bataillons du régiment de Rochefort ;

. 1er, 2ème et 3ème bataillons du 1er régiment de Brest ;

. 1er et 2ème bataillons du 2ème régiment de Brest ;

. 1er et 2ème bataillons du régiment du Nord.

Au total, ces gardes nationales forment 15 bataillons qui totalisent 190 officiers et 4491 sous-officiers et soldats.

Ils sont commandés par le général de division LUCOTTE , les généraux de brigade GUYE et RONZIER, l'adjudant commandant DUFOUR.

LUCOTTE, GUYE et RONZIER étant appelés à exercer d'autres responsabilités, DUFOUR devient l'officier le plus gradé de la division.  

Une concentration des gardes nationales actives à MEAUX qui montre bien l'importance de cette cité dans le dispositif de couverture de Paris, mis au point par NAPOLEON.

Le remarquable dictionnaire des colonels de NAPOLEON, oeuvre de Danielle et Bernard QUINTIN, porte également sur les adjudants commandants.

Par sa lecture, nous apprenons que l'adjudant commandant Jean Rémi NOIZET ( 1764 - 1818 ) avait été aide de camp du légendaire général Marceau, sous la Révolution française.

Quant à l'adjudant commandant Pierre Charles Antoine DUFOUR dit SAINT-CHARLES ( 1768 - 1837 ), il avait été admis à la retraite, le 15 octobre 1809, et rappelé au service à la division des gardes nationales réunies à MEAUX, le 13 février 1814.

Puisque nous évoquons ici et maintenant la place de MEAUX en 1814, nous devons rappeler que le général André DRUT ( 1764 - 1818 ), volontaire au régiment de Brie le 8 juin 1781, fut nommé commandant d'armes ( commandant de place ) à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, le 14 février 1814, puis à MEAUX, le 11 mars 1814.

En temps de guerre, le commandant de place était aussi, selon le dictionnaire BARDIN, commandant de la Garde Nationale.

NOIZET, DUFOUR et DRUT : des noms qui symbolisent la Garde Nationale de 1814 à MEAUX.

Alors que les gardes nationales du camp de MEAUX ( DUFOUR ) sont réparties, pour le plus grand nombre ( 3007 sur 4681 ), entre les divisions ALBERT, AMEY et BRAYER du 11ème corps d'armée, les gardes nationales qui faisaient partie de la division du camp de SOISSONS maintenant réunies à MEAUX ( NOIZET ) restent cantonnées dans la région de MEAUX.

A l'époque du 15 mars 1814, la garde nationale de Seine Inférieure est cantonnée à VAREDDE pour la défense du bac de TRILPORT tandis que la garde nationale de la Somme est cantonnée à LAGNY pour la défense du pont. Les gardes nationales de Seine et Oise, de l'Eure et de l'Oise sont toujours stationnées à MEAUX.

Nous en arrivons enfin    à l'escorte du fameux convoi abandonné le 25 mars 1814, au cours du second combat de FERE CHAMPENOISE livré par les deux divisions de gardes nationales sous le commandement des généraux PACTHOD et AMEY.

Dictés le 18 mars 1814 à EPERNAY, les ordres de NAPOLEON sont les suivants :

" Mon cousin ( maréchal BERTHIER ), donnez ordre que le premier et le deuxième convoi d'artillerie qui arrivent aujourd'hui à MEAUX, et qui sont escortés par le 8ème régiment de marche et par le 6ème bataillon du 86ème, fort de 500 hommes, partent demain pour se rendre à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, où ils seront joints par le 3ème bataillon du 40ème de ligne, fort de 600 hommes. Vous donnerez ordre également qu'un bataillon de gardes nationales de la Seine Inférieure, un de l'Eure et un de l'Oise, formant ensemble 1200 hommes, se joignent à cette escorte, ce qui fera cinq bataillons ou près de 2000 hommes. Il sera nécessaire qu'on y attache, à MEAUX, une batterie d'artillerie, ce qui fera une colonne de 1000 hommes du 86ème et du 40ème, et de 1200 hommes des gardes nationales de la Seine-Inférieure, de l'Eure et de l'Oise, formant 2200 hommes d'infanterie, de 400 hommes de cavalerie du 8ème régiment de marche et de huit pièces de canon. Il est nécessaire qu'un colonel intelligent prenne le commandement de cette colonne, qui se rendra à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, et de là continuera son mouvement sur MONTMIRAIL  pour venir nous rejoindre. "

Le "colonel intelligent" n'est autre que l'adjudant commandant NOIZET.

A l'époque du 22 mars 1814, les troupes du convoi parti de MEAUX le 19 mars comptent 1618 soldats d'infanterie qui se répartissent de la façon suivante :

. 425 gardes nationaux du département de Seine Inférieure ;

. 269 gardes nationaux du département de l'Eure ;

. 279 gardes nationaux du département de l'Oise ;

. 196 conscrits du 3ème bataillon du 40ème régiment de ligne ;

. 449 conscrits du 6ème bataillon du 86 ème régiment.

Dans son état de situation à l'époque du 22 mars 1814, NOIZET précise bien que le 8ème régiment de marche qui l'accompagne est composé de 201 cavaliers et de 220 chevaux.

Les cavaliers proviennent essentiellement des 12ème, 17ème, 19ème, 20ème et 27ème régiments de dragons.

Dans la récapitulation générale de son état de situation, le nombre de cavaliers et de sapeurs atteint 350, en rajoutant les "dragons du 16" et les "sapeurs du 2".

Au total, l'escorte du convoi présente un effectif de 1618 soldats d'infanterie et de 350 cavaliers et sapeurs, soit 1968 hommes.

Nous nous donnons la peine de vous donner tant de précisions pour vous montrer comment un ordre de l'Empereur NAPOLEON était exécuté sur le terrain par ses subordonnés.

NOIZET escorte donc son convoi de MEAUX jusqu'à SEZANNE, où il est pris en charge par les deux divisions de gardes nationales sous les ordres des généraux PACTHOD et AMEY.

Le détachement de l'adjudant commandant NOIZET se trouve alors sous les ordres du général COMPANS, " chargé de réunir à SEZANNE les détachements isolés".

 

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Par Didier Simonnet et Eric Poisson - Publié dans : 1814 Meaux - Communauté : Passion Histoire
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