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La défaite oubliée

 

L'ange de la mort

 
Terre de Champagne : champ de bataille.


25 mars 1814 : La campagne de france touche à sa fin.
 
Après deux mois de dure campagne, l'Empereur Napoléon décide de ne plus couvrir PARIS de sa personne et d'éloigner les armées étrangères de la capitale en se portant lui-même vers le Rhin.

Les grandes armées de Bohême et de Silésie ne se laissent pas distraire par Napoléon et marchent résolument, le 25 mars 1814, vers PARIS pour s'en emparer et ainsi créer l'événement qui mettra fin à cette guerre interminable.

Ce jour fatidique, un convoi de vivres et de munitions, escorté par les divisions des généraux Pacthod et Amey, chemine à travers la campagne en direction de VATRY au nord-est de FERE-CHAMPENOISE.

Il tente de rejoindre d'abord les corps d'armée des maréchaux d'Empire, Marmont et Mortier, en suivant la route qui de Bergères mène à Vatry et à Soudé-Sainte-Croix, puis la petite armée de Napoléon, vaincue récemment à Arcis-sur-Aube.

 

Michel-Marie PACTHOD

 

Le général Michel-Marie PACTHOD ( 1764 - 1830 ).

 

Les divisions des généraux Pacthod et Amey sont dangereusement isolées en rase campagne, sur un terrain qui ne leur permettrait pas, en cas d'attaque d'une cavalerie renforcée par de l'artillerie à cheval, de prendre une position de défense inexpugnable, inviolable pour ainsi dire.

Lorsqu'elle se décide à attaquer, la cavalerie russe du général Korff, avant-garde de l'armée de Silésie, constitue d'emblée un périlleux danger pour les troupes françaises qui faisaient une halte près de VILLESENEUX.

S'ensuit une retraite mémorable à travers champs par CLAMANGES, ECURY-LE-REPOS, en direction de FERE-CHAMPENOISE, qui se finira par la destruction du dernier carré français devant les marais de Saint-Gond, entre AULNAY-AUX-PLANCHES et MORAINS-LE-PETIT, à l'est de BANNES.

 

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Pourquoi s'intéresser à ce combat plutôt qu'à un autre ?

Au même moment, les maréchaux Marmont et Mortier luttent pied à pied avec les troupes de l'armée de Bohême de Soudé-Sainte-Croix jusqu'à Linthes, en passant par Fère Champenoise ( premier combat de Fère Champenoise ).

Pourquoi sillonner le champ de bataille des généraux Pacthod et Amey plutôt qu'un autre ?

La réponse se décline de la façon suivante :

. Ni l'Empereur, ni les maréchaux, ni l'élite de l'armée ( la Garde impériale ), ne sont présents aux côtés de ces deux généraux ;

. Les troupes françaises sont composées essentiellement de gardes nationaux provenant des départements et des arrondissements maritimes, des soldats en sabots, en habits civils, armés de fusils de chasse, qui rappellent, par leur aspect extérieur, la grande armée catholique et royale de 1793, qui fit trembler la République, la Convention, les Révolutionnaires ;


. Ces gardes nationaux représentent symboliquement le peuple en armes qui se défend lui-même contre les agressions venues de l'extérieur, la force publique qui contribue, avec une formation militaire des plus rudimentaires, à la défense nationale, aux côtés de régiments de ligne durement éprouvés par les dernières campagnes ( Russie, Allemagne, Espagne ).

Comme chacun a pu le remarquer, le bicentenaire du Premier Empire n'est pas franchement une grande réussite.

Après des débuts prometteurs durant l'hiver 2004 - 2005, il s'est rapidement essoufflé et les commémorations d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau, de Friedland et de Wagram, sont passées presque totalement inaperçues.

La République a superbement ignoré l'Empire, en la personne de son président.

Qu'en sera-t-il en 2014, à l'occasion du bicentenaire de 1814, d'une invasion qui n'épargna aucune frange de la population ?

Après la stupeur, la surprise et même l'affolement à l'annonce de l'invasion, la population se ressaisit et, en mars 1814, les armées étrangères sont continuellement attaquées, leurs convois constamment harcelés et leurs lignes de communication fortement perturbées.

La résistance, chère à notre président actuel ( lettre de Guy Môquet ), s'organise, se raffermit de jour en jour et aurait fini par l'emporter si les intrigues politiques à PARIS n'avaient pas changé le cours de l'histoire.

Les contemporains de Napoléon ont réclamé, après les événements de 1814, la construction d'un mausolée à Fère-Champenoise, en souvenir de la résistance admirable de quelques milliers de gardes nationaux devant les marais de Saint-Gond.

 

Dans son Histoire des campagnes de 1814 et 1815, en France, le général Guillaume de Vaudoncourt écrit à ce propos :

 

"Quinze cents hommes furent faits prisonniers avec les généraux Pacthod, Amey, Delord, Bonté et Thévenet. Un millier environ s'échappèrent par le marais. Le restant au nombre de trois mille cinq cents mourut au Champ-d'honneur : c'étaient presque tous des gardes nationaux. Leur cendre, qu'on aurait vue dans d'autres temps recouvrir d'un mausolée honorable, languit ignorée dans les champs, où ils se sont sacrifiés pour l'indépendance nationale. La patrie ne les a pas oubliés."

 

Ce qui était vrai dans les années 1820 ne l'est plus aujourd'hui !


Notre modeste contribution au bicentenaire de la campagne de France de 1814 sera :

de vous faire découvrir des lieux en Brie et en Champagne que vous ne connaissez pas et que vous n'aurez pas forcément la possibilité de découvrir par vous-mêmes ;

de faire des recherches, dans les fonds d'archives existants, pour découvrir le convoi de munitions et de vivres ainsi que son escorte ( AYHSM ).

 

Carte Briarde

 

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

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La défaite oubliée

Histoire militaire de la France ; campagne de 1814 ( Fère-Champenoise, Saint-Jean-Les-Deux-Jumeaux, Trilport et Meaux ; cohortes de gardes nationaux et compagnies mobiles de canonniers garde-côtes de Napoléon ) ; bicentenaire de 1814 en Brie et en Champagne ; général Farine du Creux ( 1770-1833 ) ; bataille de la Marne de 1914 ( Marais de Saint-Gond ) ; centenaire de la Grande Guerre 1914-1918 ( Meaux et Chauconin-Neufmontiers ) ; campagnes de 1940 et de 1944-1945 ; service historique de la Défense ( SHD ) au château de Vincennes ( Val-de-Marne ) ; Santeny ( Val-de-Marne ) ; notre bonne ville de Yerres ( Essonne ).

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