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La défaite oubliée

Henry Houssaye poursuit ainsi sa narration de la bataille :

"Arrivé à hauteur de Clamanges, le général Pacthod se résigna à abandonner son convoi pour sauver son corps d'armée. Il fit faire halte et ordonna de dételer les chevaux des voitures ; ils serviraient du moins à doubler les attelages de l'artillerie. Le major Caille avec deux bataillons se posta dans Clamanges, et sa droite ainsi appuyée, Pacthod réussit à contenir l'ennemi assez de temps pour que pût s'achever l'opération. La colonne un peu allégée reprit sa marche vers Fère-Champenoise, toujours cheminant sous la mitraille des canons de Korff et au milieu des charges de la cavalerie."

  


Entre Villeseneux et Ecury-le-Repos, le petit village de CLAMANGES dans la verte vallée de la Somme.

 

En parcourant les rues de Clamanges, nous pensons au major Caille qui personnifie la résistance héroïque de quelques milliers de gardes nationaux devant les marais de Saint-Gond, en ce vendredi 25 mars 1814.

  
François Félix CAILLE est né à Amiens, dans le département de la Somme, le 21 avril 1759.

"J'ai commencé ma carrière militaire dans le régiment de dragons de Conty le 25 mars 1777. Louis XVI daigna signer mon premier brevet d'officier. Cette grace ne s'effacera jamais de ma mémoire."

De 1777 à 1809, il sert au 4ème régiment de dragons, sans discontinuer. Ses états de service sont consultables sur internet, dans la base LEONORE des Archives Nationales. 

32 ans 5 mois et 17 jours, au service de la France des Bourbons, de la Révolution Française et de l'Empire napoléonien !

Admis à la retraite en tant que chef d'escadron, Caille ne sort malheureusement pas indemne physiquement de son service militaire.

Le 23 avril 1809, le médecin militaire certifie en effet que Caille a :

"une douleur à la partie supérieure du bras gauche avec impossibilité d'extention de l'avant-bras, suite d'un coup de feu à l'ennemi le 3 mars 1807" ;

"des vertiges fréquents avec perte de la mémoire suite d'un coup de feu reçu à la bataille de Friedland ( 14 juin 1807 ) qui en agissant comme corps contondant sur la partie latérale droite du coronal occasionna une forte commotion au cerveau et resta sans connaissance sur le champ de bataille."

Le médecin militaire est formel à propos de l'état de son patient :

"j'estime que M Caille est hors d'état de continuer son service."

Il reprend pourtant du service, comme chef de la 49ème cohorte, le 10 avril 1812.

La 49ème cohorte est composée de jeunes gens issus du 1er ban de la Garde Nationale, activée par l'Empereur peu de temps avant son départ pour la titanesque expédition de Russie.

Après la perte de sa Grande Armée en Russie, Napoléon décide d'intégrer les cohortes du 1er ban de la Garde Nationale appelées en 1812, dans 22 régiments de ligne créés en 1813 à cet effet.

Ainsi, le 149ème régiment de ligne est pour partie composé de la 49ème cohorte.

Caille, incorporé dans ce régiment, est nommé major, par décret impérial du 13 mars 1813.

La situation militaire s'aggravant au cours de l'année 1813, l'empire napoléonien étant attaqué de tous côtés à la fin de cette année terrible, l'Empereur donne pour cadres aux régiments de gardes nationaux nouvellement levés, des officiers issus des régiments de ligne.

Ainsi, Caille reçoit le commandement d'un régiment de gardes nationaux de la Seine, pendant la campagne de 1814, et ce, en tant que colonel.

En ce vendredi 25 mars 1814, il a son cheval tué à l'affaire de Fère-Champenoise et est fait prisonnier de guerre.

 Il rentre au pays par échange le 16 avril 1814.

Caille est fait d'abord chevalier de la légion d'honneur le 14 avril 1807, puis chevalier d'Empire le 9 décembre 1809 et enfin chevalier de Saint-Louis le 20 août 1823.

Il meurt le 7 janvier 1828 et est enterré au cimetière de la Madeleine, à Amiens. 

 

En jetant un dernier regard sur l'église et le cimetière, nous nous éloignons lentement de ce petit village chargé d'histoire napoléonienne.

 

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Eglise de CLAMANGES

 

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Le portail de l'église de CLAMANGES

 

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

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La défaite oubliée

Histoire militaire de la France ; campagne de 1814 ( Fère-Champenoise, Saint-Jean-Les-Deux-Jumeaux, Trilport et Meaux ; cohortes de gardes nationaux et compagnies mobiles de canonniers garde-côtes de Napoléon ) ; bicentenaire de 1814 en Brie et en Champagne ; général Farine du Creux ( 1770-1833 ) ; bataille de la Marne de 1914 ( Marais de Saint-Gond ) ; centenaire de la Grande Guerre 1914-1918 ( Meaux et Chauconin-Neufmontiers ) ; campagnes de 1940 et de 1944-1945 ; service historique de la Défense ( SHD ) au château de Vincennes ( Val-de-Marne ) ; Santeny ( Val-de-Marne ) ; notre bonne ville de Yerres ( Essonne ).

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