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La défaite oubliée

Samedi 19 septembre 2009.


Carte des routes et chemins au nord de Fère-Champenoise, centrée sur les lieux des combats des divisions de gardes nationales actives sous le commandement des généraux Pacthod et Amey.

( Etablie d'aprés le document "Plan des Trettens bei Fere Champenoise den 25ten März 1814" )

Carte-F-re-Champenoise-600ko.jpg

Nous trouvons enfin les hauteurs de Fère-Champenoise citées dans le récit de l'historien Henry Houssaye, précisément au nord est de la ville.

_5329-F-re.jpg
 
Sur la droite derrière le vallon, nous apercevons le sommet du clocher de l'église de Fère-Champenoise.


 
Les Silos de Normée et de Lenharrée.


 
Nous repérons l'emplacement probable de l'artillerie des troupes coalisées de l'armée de Bohême.
 

Une hauteur boisée au loin sur cette plaine vallonnée.

 
La pente est douce.
   
 

Nous n'avons aucune visibilité du village d'Ecury-le-Repos.

Notre guide est visiblement perdu dans le triangle formé par Morains, Ecury-le-Repos et Fère-Champenoise.

Sa carte ne lui est d'aucun secours.

Il regarde fixement vers Normée et son silo.

Le terrain est désespérément nu : aucune plaque commémorative ; aucun monument érigé à la mémoire des soldats tombés le 25 mars 1814.

Une ligne verte composée d'arbres bouchant l'horizon au second plan, nous décidons de poursuivre notre chemin poussiéreux pour la dépasser et découvrir de nouveaux horizons.


D'ici, nous apercevons les toits des maisons d'Ecury-le-Repos.

_5335-Ecury-le-Repos.jpg

Devant nous, Ecury-le-Repos, et derrière nous, les hauteurs de Fère-Champenoise, précisément le mont Hubert.

Notre point d'observation est à marquer d'une croix tricolore !

Aprés la bataille
 
Nous avons une pensée particulière pour Antoine-Maurice-Joseph ANGER, chef de bataillon de la Garde Nationale active du département d'Indre et Loire, blessé au cours du second combat de Fère-Champenoise.
 
Né à Cambrai ( département du Nord ), le 22 setembre 1770, il est : 
 
chasseur à cheval, au service de sa majesté Louis XVI, au 7ème régiment, le 24 janvier 1790 ; brigadier-fourrier, le 22 septembre 1792 ; maréchal-des-logis en second, le 20 juin 1793 ; maréchal-des logis en chef, le 15 août 1793 ; adjudant-sous-officier, le 19 novembre 1799 ; sous-lieutenant, le 5 février 1802 ; lieutenant, par décret du 8 mai 1807 ; capitaine, par décret du 25 mai 1809.
 
Anger est retraité le 22 août 1811, après 21 ans, 5 mois et 25 jours de services au 7ème régiment de chasseurs.
 
Il a fait 18 campagnes et reçu 6 blessures.
 
En 1812, Anger reprend du service, dans la Garde Nationale.
 
Il est :
 
capitaine à la 67ème cohorte, 1er ban, le 6 avril 1812 ; capitaine de grenadiers par incorporation au 136ème régiment de ligne, le 24 janvier 1813 ; chef de bataillon de la Garde Nationale active du département d'Indre et Loire, le 17 janvier 1814.
 
Anger fait les campagnes des Côtes de l'Océan en 1812, d'Allemagne en 1813 et de France en 1814.
 
" le 25 mars 1814, à la fameuse affaire de Ferre-Champénoise, eut la cuisse gauche emportée d'un obus ; le même jour elle fut amputée sur le Champ de bataille par les Chirurgiens Russes des ordres donnés par SA MAJESTE l'Empereur Alexandre à M.r le Général Saken. Après l'amputation, abandonné sur le Champ de bataille, faute de moyens de transport, les Cosaques vinrent fondre sur lui et le blessèrent de nouveau d'un coup de lance à l'extrémité de la partie interne déjà amputée. " ( Archives de VINCENNES )
 
Anger est, de nouveau, retraité par suite de mutilation à la guerre, le 25 août 1814.
 
Il compte, en définitive, 24 ans, 5 mois et 29 jours de services.
 
Anger a fait 21 campagnes et reçu 10 blessures.
 
Il est nommé chevalier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur, le 17 janvier 1815.
 
Le 20 décembre 1819, il réside précisément à Tours ( département d'Indre et Loire ), au n°3 de la rue Saint Etienne.
 
Anger est décédé le 24 décembre 1825.
 
 
Le ciel devient subitement menaçant.

Par moments, cette plaine n'est guère accueillante.

Il nous revient à l'esprit que les quelques milliers de braves sous Pacthod et Amey étaient bien seuls au milieu de la multitude des cavaliers ennemis.

Clausewitz, grand théoricien de la guerre et ennemi juré de Napoléon, a fait une analyse pertinente à ce propos.

Il a, en effet, vivement critiqué le changement de stratégie inopiné adopté par l'Empereur en personne au lendemain de sa défaite d'Arcis-sur-Aube, le 22 mars 1814.

Cette nouvelle stratégie visait à agir directement sur les arrières de la grande armée de Bohême, commandée par l'Autrichien Schwarzenberg, et ainsi à l'éloigner de PARIS.

Par voie de conséquence, l'Empereur Napoléon renonçait à diriger lui-même les opérations militaires de protection rapprochée de la capitale.

Il abandonnait la défense de PARIS aux petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier ainsi qu'aux maigres détachements des généraux Pacthod, Amey et Compans.

Toutes ces forces dispersées dans la campagne champenoise étaient pratiquement livrées à elles-mêmes, en l'absence d'un véritable commandant en chef, d'un grand stratége pour les commander.

Marmont et Mortier étaient certes d'excellents entraîneurs d'hommes mais aucun des deux n'avait l'étoffe d'un chef de guerre capable d'élaborer une stratégie de couverture efficace de la capitale.

Aprés la bataille -
 
 
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Champs de bataille
 
 
_5334-Vers-Ecury-600ko.jpg
 
 
Les âmes
 
Ni les Français ni les Alliés russes, autrichiens et prussiens n'ont laissé la moindre trace de leur lutte épique.

Aucune ferme ancienne des environs n'a été transformée en musée du champ de bataille.

Aucun centre historique du visiteur n'a été construit dans ce coin de terre parfaitement entretenu par les paysans champenois.
 
La défaite de Fère-Champenoise a été complètement éclipsée par le désastre de Waterloo, l'année suivante, le 18 juin 1815.

Il est vrai qu'à Waterloo, le grand homme, Napoléon, était bel et bien présent.
Champs de bataille de Fère-Champenoise
 
A regret, nous quittons le lieu des combats du 25 mars 1814, en nous promettant d'y revenir si possible chaque année.

Nous avons repéré l'itinéraire suivi par les braves de Pacthod et d'Amey, itinéraire éclairé par les villages de Villeseneux, de Clamanges et d'Ecury-le-Repos, et ce, jusqu'aux hauteurs de Fère-Champenoise.

Délibérément, nous arrêtons notre reconnaissance du champ de bataille aux pieds de ces hauteurs, derniers espoirs de salut pour les Français.

Ce qui se passe ensuite mérite amplement une autre exploration du terrain qui s'étendrait de Fère-Champenoise jusqu'aux marais de Saint-Gond.
 
Combat-de-Fere-Champenoise--.JPG
 
Marie-Louise-02.JPG 
Conscrit de 1814  ( Marie-Louise ). 

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

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La défaite oubliée

Histoire militaire de la France ; campagne de 1814 ( Fère-Champenoise, Saint-Jean-Les-Deux-Jumeaux, Trilport et Meaux ; cohortes de gardes nationaux et compagnies mobiles de canonniers garde-côtes de Napoléon ) ; bicentenaire de 1814 en Brie et en Champagne ; général Farine du Creux ( 1770-1833 ) ; bataille de la Marne de 1914 ( Marais de Saint-Gond ) ; centenaire de la Grande Guerre 1914-1918 ( Meaux et Chauconin-Neufmontiers ) ; campagnes de 1940 et de 1944-1945 ; service historique de la Défense ( SHD ) au château de Vincennes ( Val-de-Marne ) ; Santeny ( Val-de-Marne ) ; notre bonne ville de Yerres ( Essonne ).

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