Partager l'article ! Bataille de Fère-Champenoise ( 1814 ).: Le ciel devient subitement menaçant. Par moments, cette plaine n'est guère accueill ...
Le ciel devient subitement menaçant.
Par moments, cette plaine n'est guère accueillante.
Il nous revient à l'esprit que les quelques milliers de braves sous Pacthod et Amey étaient bien seuls au milieu de la
multitude des cavaliers ennemis.
Clausewitz, grand théoricien de la guerre et ennemi juré de Napoléon, a fait une analyse pertinente à ce propos.
Il a, en effet, vivement critiqué le changement de stratégie inopiné adopté par l'Empereur en personne au lendemain de sa
défaite d'Arcis-sur-Aube, le 22 mars 1814.
Cette nouvelle stratégie visait à agir directement sur les arrières de la grande armée de Bohême, commandée par l'Autrichien
Schwarzenberg, et ainsi à l'éloigner de PARIS.
Par voie de conséquence, l'Empereur Napoléon renonçait à diriger lui-même les opérations militaires de protection
rapprochée de la capitale.
Il abandonnait la défense de PARIS aux petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier ainsi qu'aux maigres
détachements des généraux Pacthod, Amey et Compans.
Toutes ces forces dispersées dans la campagne champenoise étaient pratiquement livrées à elles-mêmes, en l'absence d'un
véritable commandant en chef, d'un grand stratége pour les commander.
Marmont et Mortier étaient certes d'excellents entraîneurs d'hommes mais aucun des deux n'avait l'étoffe d'un chef de guerre
capable d'élaborer une stratégie de couverture efficace de la capitale.
Ni les Français ni les Alliés russes, autrichiens et prussiens n'ont laissé la moindre trace de
leur lutte épique.
Aucune ferme ancienne des environs n'a été transformée en musée du champ de bataille.
Aucun centre historique du visiteur n'a été construit en ce coin de terre parfaitement entretenu par les paysans champenois.
La défaite de Fère-Champenoise a été complètement éclipsée par le désastre de Waterloo, l'année suivante, le 18 juin 1815.
Il est vrai qu'à Waterloo, le grand homme, Napoléon, était bel et bien présent.
A regret, nous avons quitté le lieu des combats du 25 mars 1814, en nous promettant d'y
revenir chaque année.
Nous avons repéré l'itinéraire suivi par les braves de Pacthod et d'Amey, itinéraire éclairé par les villages de Villeseneux, de Clamanges et d'Ecury-le-Repos, et ce, jusqu'aux hauteurs de
Fère-Champenoise.
Délibérément, nous arrêtons notre reconnaissance du champ de bataille aux pieds de ces hauteurs, derniers espoirs de salut pour les Français.
Ce qui se passe ensuite mérite amplement une autre exploration du terrain qui s'étendrait de Fère-Champenoise jusqu'aux marais de Saint-Gond.
Conscrit de 1814 ( Marie-Louise ).