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A Montmirail, l'Aigle relève la tête !
Les régimes politiques en place se sont toujours méfiés de la garde nationale,
institution née au début de la Révolution en 1789 et dissoute brutalement en 1871 aux lendemains de la Commune.
Ils craignaient d'en perdre le contrôle au profit de leurs opposants et ainsi de créer l'événement propice à leur renversement.
La récupération des armes imprudemment distribuées à des civils constituait, selon eux, une opération à très hauts risques.
Dans ces conditions, moins la garde nationale était mobilisée, mieux les régimes en place se portaient.
L'Empire napoléonien n'a pas dérogé à cette règle de défiance à l'égard de la garde nationale, peu rassemblée jusqu'en 1812, année choisie par Napoléon pour lancer la titanesque expédition
de Russie.
L'armée de conscription, levée suivant la loi dite Jourdan-Delbrel votée en 1798, est alors déplacée en masses à travers l'Europe jusqu'aux frontières occidentales de la
Russie.
La garde nationale devient, par nécessité, une composante à part entière des forces
françaises de l'intérieur de l'Empire napoléonien, dont les armées combattent simultanément sur deux fronts, l'Espagne et la Russie.
La garde nationale est organisée, dès mars 1812, en trois catégories, en trois bans :
. Le premier regroupe les hommes de 20 à 26 ans ;
. Le deuxième, ceux de 26 à 40 ans ;
. Le troisième ( arrière-ban ), ceux de 40 à 60 ans.
Bien évidemment, l'Empereur puise essentiellement dans les deux premies bans.
Ainsi, au lendemain du désastre de Russie, il n'hésite pas à créer 22 régiments de ligne, du 135ème au 156ème, avec les cohortes du premier ban de la garde nationale mobilisées en 1812.
Au cours de l'invasion de la France pendant l'hiver 1813-1814, ce qui était totalement inimaginable quelques années auparavant se produit finalement, la garde nationale accède au rang
d'armée de première ligne aux côtés des régiments de ligne issus pour 22 d'entre eux de cette même garde nationale.
La blouse bleue ou habit gaulois devient alors un uniforme à part entière de la grande armée.
Le combat de Fère-Champenoise du 25 mars 1814 fait entrer de plain-pied le garde national dans la légende napoléonienne, aux côtés du grognard et du Marie-Louise.
Rédacteur des articles "Garde nationale" et "Gardes d'honneur" dans le DICTIONNAIRE NAPOLEON sous la direction de JEAN TULARD, Georges CARROT a écrit un ouvrage, La Garde Nationale ( 1789 - 1871 ) Une force publique ambiguë, publié chez L'Harmattan en 2001, que nous conseillons vivement pour son érudition.
Je suis tout à fait d'accord avec vous ! Didier Simonnet est un photographe de très grand talent !
Amitiés yerroises. Eric