Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La défaite oubliée

1 2 > >>

03 octobre 2009 : Deuxième excursion historique.

Nouvelle étape : CHATEAU-THIERRY, dans l'Aisne.

_5719-Cht-Thierry.jpg

   
Tous les chemins mènent à Fère Champenoise.

Le programme de la journée prévoyait, en premier lieu, la visite de Château-Thierry et du champ de bataille de 1814 situé au sud de la ville en direction de Montmirail et, en second lieu, la poursuite de notre découverte de Fère Champenoise.

De par ses monuments, de par ses vues tout à fait prenables en photographie, Château-Thierry a réussi le tour de force de nous détourner complétement de Fère Champenoise, pendant une bonne partie de la journée.

_5723-Cht-Thierry.jpg

 

Les témoins privilégiés des combats du 12 février 1814.

 
_5726-Cht-Thierry.jpg  

 

Un arrêt prolongé dans le vieux château et sur les remparts qui dominent la ville.

 

_5806-Remparts-de-Ch-teau-Thierry.jpg

 

_5727-Cht-Thierry.jpg

 

_5799-ch-teau-Thierry.jpg  

 

_5742-Ch-teau-Thierry.jpg

 

Nous faisons une longue visite des ruines de l'ancien château.

 

 _5729-Ch-teau-Thierry.jpg

 

 _5744-Ch-teau-Thierry.jpg

 

_5748-Ch-teau-Thierry.jpg 

 

De Reims, le 14 mars 1814, l'empereur Napoléon écrit au général Clarke, duc de Feltre, son ministre de la guerre, à Paris :

 

"En passant à Château-Thierry, j'ai vu un vieux château ruiné : je vous prie d'envoyer un officier du génie reconnaître cette masure, et voir s'il serait possible d'y placer trois ou quatre pièces de canon et 3 ou 400 hommes à l'abri d'un coup de main ; ce qui me donnerait la sûreté de ce pont sur la Marne. La position m'en a paru superbe ; mais je n'en ai pu faire le tour et je n'y suis pas monté. Si l'idée de mettre en état ce poste à Château-Thierry était praticable, on pourrait y placer un dépôt de munitions qui serait de trois jours plus près de nous."

 

_5753-Ch-teau-Thierry-600.jpg

 

_5800-Ruines.jpg 

 

_5803-Ch-teau-Thierry.jpg 

 

Depuis l'ancien château, un vaste panorama sur la ville.

_5732-Ch-teau-Thierry.jpg

 

_5735-Ch-teau-Thierry.jpg

 

_5734-Ch-teau-Thierry--600-.jpg

 

Les horreurs de la guerre de 1814 ne prirent malheureusement pas fin avec la victoire de Napoléon remportée le 12 février sur les corps ennemis de Sacken et de Yorck.

Dans son histoire de Château-Thierry, l'abbé Poquet écrit :

"Napoléon quitta Château-Thierry le 13, pour aller battre à Vauxchamps le général Blücher ; il ne resta dans la ville que 1000 hommes, sous le commandement du général Vincent, qui fit, ce jour-là même, une proclamation pour faire opérer la levée en masse pour repousser l'ennemi. Le 16, on organise la garde nationale ; la ville est en insurrection ; un corps de bourgeois fait la guerre de partisan avec une extrême habileté et un incroyable courage ; parmi eux se trouvait le fils d'un marchand de drap qui avait fait une campagne sous Ney. Le 17, la garde nationale se rend à Fère en Tardenois, pour chasser un parti ennemi ; n'ayant pu l'atteindre, elle revint à Château-Thierry le lendemain 18. Le 19, sur une nouvelle demande du maire de Fère, 50 gardes nationaux et 100 gardes d'honneur, commandés par le juge de paix, retournent à Fère, atteignent l'ennemi, lui font cinq prisonniers et quelques blessés. Trois gardes nationaux perdirent la vie dans cette échauffourée. Le 20, on voit passer à Château-Thierry beaucoup de prisonniers ennemis dirigés sur Paris.

Le 21, on apprend que le feld-maréchal Blücher, général en chef de l'armée de Silésie, défend, par une proclamation, aux individus non militaires de tirer sur les troupes, et menace de mettre tout à feu et à sang, si les Français persistaient à le faire. Vers le milieu de la journée, un parti de cosaques occupe Paroy, et pousse sa reconnaissance jusqu'au pont Neuf de Château-Thierry. Le général Vincent fait battre la générale, et se met aussitôt à leur poursuite avec les gardes d'honneur. Les habitans de Paroy tirent sur les cosaques, qui ensuite mettent le feu à ce hameau : presque toutes les maisons sont brûlées le lendemain. Crésancy éprouve le même sort ; ils prennent le maitre de poste, M. Fillette, pour le fusiller, et le laissent pour mort, atteint de plusieurs coups de feu et de lance ; ils mettent le feu sous le lit de sa femme, accouchée de la veille, et qui fut contrainte de se sauver."

Les malheurs de la guerre se poursuivirent jusqu'à la victoire finale des Alliés et le retour de la paix générale au cours du mois d'avril.

 




Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - La campagne de France

Château de Rottembourg.


Le lendemain de notre première visite à Fère Champenoise, nous avons profité des journées du patrimoine pour flâner dans le parc puis dans le château de Montgeron qui furent la propriété du baron ROTTEMBOURG, général de division de la jeune garde, héros du combat de Laubressel près de Troyes, pendant la campagne de France de 1814.

_5394-Rottembourg.jpg 

_5396-Rottembourg.jpg

ROTTEMBOURG était né à Phasbourg ( Moselle ) le 6 juillet 1769 et mourut à Montgeron ( Seine-et-Oise, aujourd'hui Essonne ) le 8 février 1857.

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Villes et villages de France

Samedi 19 septembre 2009.


Carte des routes et chemins au nord de Fère-Champenoise, centrée sur les lieux des combats des divisions de gardes nationales actives sous le commandement des généraux Pacthod et Amey.

( Etablie d'aprés le document "Plan des Trettens bei Fere Champenoise den 25ten März 1814" )

Carte-F-re-Champenoise-600ko.jpg

Nous trouvons enfin les hauteurs de Fère-Champenoise citées dans le récit de l'historien Henry Houssaye, précisément au nord est de la ville.

_5329-F-re.jpg
 
Sur la droite derrière le vallon, nous apercevons le sommet du clocher de l'église de Fère-Champenoise.


 
Les Silos de Normée et de Lenharrée.


 
Nous repérons l'emplacement probable de l'artillerie des troupes coalisées de l'armée de Bohême.
 

Une hauteur boisée au loin sur cette plaine vallonnée.

 
La pente est douce.
   
 

Nous n'avons aucune visibilité du village d'Ecury-le-Repos.

Notre guide est visiblement perdu dans le triangle formé par Morains, Ecury-le-Repos et Fère-Champenoise.

Sa carte ne lui est d'aucun secours.

Il regarde fixement vers Normée et son silo.

Le terrain est désespérément nu : aucune plaque commémorative ; aucun monument érigé à la mémoire des soldats tombés le 25 mars 1814.

Une ligne verte composée d'arbres bouchant l'horizon au second plan, nous décidons de poursuivre notre chemin poussiéreux pour la dépasser et découvrir de nouveaux horizons.


D'ici, nous apercevons les toits des maisons d'Ecury-le-Repos.

_5335-Ecury-le-Repos.jpg

Devant nous, Ecury-le-Repos, et derrière nous, les hauteurs de Fère-Champenoise, précisément le mont Hubert.

Notre point d'observation est à marquer d'une croix tricolore !

Aprés la bataille
 
Nous avons une pensée particulière pour Antoine-Maurice-Joseph ANGER, chef de bataillon de la Garde Nationale active du département d'Indre et Loire, blessé au cours du second combat de Fère-Champenoise.
 
Né à Cambrai ( département du Nord ), le 22 setembre 1770, il est : 
 
chasseur à cheval, au service de sa majesté Louis XVI, au 7ème régiment, le 24 janvier 1790 ; brigadier-fourrier, le 22 septembre 1792 ; maréchal-des-logis en second, le 20 juin 1793 ; maréchal-des logis en chef, le 15 août 1793 ; adjudant-sous-officier, le 19 novembre 1799 ; sous-lieutenant, le 5 février 1802 ; lieutenant, par décret du 8 mai 1807 ; capitaine, par décret du 25 mai 1809.
 
Anger est retraité le 22 août 1811, après 21 ans, 5 mois et 25 jours de services au 7ème régiment de chasseurs.
 
Il a fait 18 campagnes et reçu 6 blessures.
 
En 1812, Anger reprend du service, dans la Garde Nationale.
 
Il est :
 
capitaine à la 67ème cohorte, 1er ban, le 6 avril 1812 ; capitaine de grenadiers par incorporation au 136ème régiment de ligne, le 24 janvier 1813 ; chef de bataillon de la Garde Nationale active du département d'Indre et Loire, le 17 janvier 1814.
 
Anger fait les campagnes des Côtes de l'Océan en 1812, d'Allemagne en 1813 et de France en 1814.
 
" le 25 mars 1814, à la fameuse affaire de Ferre-Champénoise, eut la cuisse gauche emportée d'un obus ; le même jour elle fut amputée sur le Champ de bataille par les Chirurgiens Russes des ordres donnés par SA MAJESTE l'Empereur Alexandre à M.r le Général Saken. Après l'amputation, abandonné sur le Champ de bataille, faute de moyens de transport, les Cosaques vinrent fondre sur lui et le blessèrent de nouveau d'un coup de lance à l'extrémité de la partie interne déjà amputée. " ( Archives de VINCENNES )
 
Anger est, de nouveau, retraité par suite de mutilation à la guerre, le 25 août 1814.
 
Il compte, en définitive, 24 ans, 5 mois et 29 jours de services.
 
Anger a fait 21 campagnes et reçu 10 blessures.
 
Il est nommé chevalier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur, le 17 janvier 1815.
 
Le 20 décembre 1819, il réside précisément à Tours ( département d'Indre et Loire ), au n°3 de la rue Saint Etienne.
 
Anger est décédé le 24 décembre 1825.
 
 
Le ciel devient subitement menaçant.

Par moments, cette plaine n'est guère accueillante.

Il nous revient à l'esprit que les quelques milliers de braves sous Pacthod et Amey étaient bien seuls au milieu de la multitude des cavaliers ennemis.

Clausewitz, grand théoricien de la guerre et ennemi juré de Napoléon, a fait une analyse pertinente à ce propos.

Il a, en effet, vivement critiqué le changement de stratégie inopiné adopté par l'Empereur en personne au lendemain de sa défaite d'Arcis-sur-Aube, le 22 mars 1814.

Cette nouvelle stratégie visait à agir directement sur les arrières de la grande armée de Bohême, commandée par l'Autrichien Schwarzenberg, et ainsi à l'éloigner de PARIS.

Par voie de conséquence, l'Empereur Napoléon renonçait à diriger lui-même les opérations militaires de protection rapprochée de la capitale.

Il abandonnait la défense de PARIS aux petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier ainsi qu'aux maigres détachements des généraux Pacthod, Amey et Compans.

Toutes ces forces dispersées dans la campagne champenoise étaient pratiquement livrées à elles-mêmes, en l'absence d'un véritable commandant en chef, d'un grand stratége pour les commander.

Marmont et Mortier étaient certes d'excellents entraîneurs d'hommes mais aucun des deux n'avait l'étoffe d'un chef de guerre capable d'élaborer une stratégie de couverture efficace de la capitale.

Aprés la bataille -
 
 
_5373-Morne-plaine-600ko.jpg



Champs de bataille
 
 
_5334-Vers-Ecury-600ko.jpg
 
 
Les âmes
 
Ni les Français ni les Alliés russes, autrichiens et prussiens n'ont laissé la moindre trace de leur lutte épique.

Aucune ferme ancienne des environs n'a été transformée en musée du champ de bataille.

Aucun centre historique du visiteur n'a été construit dans ce coin de terre parfaitement entretenu par les paysans champenois.
 
La défaite de Fère-Champenoise a été complètement éclipsée par le désastre de Waterloo, l'année suivante, le 18 juin 1815.

Il est vrai qu'à Waterloo, le grand homme, Napoléon, était bel et bien présent.
Champs de bataille de Fère-Champenoise
 
A regret, nous quittons le lieu des combats du 25 mars 1814, en nous promettant d'y revenir si possible chaque année.

Nous avons repéré l'itinéraire suivi par les braves de Pacthod et d'Amey, itinéraire éclairé par les villages de Villeseneux, de Clamanges et d'Ecury-le-Repos, et ce, jusqu'aux hauteurs de Fère-Champenoise.

Délibérément, nous arrêtons notre reconnaissance du champ de bataille aux pieds de ces hauteurs, derniers espoirs de salut pour les Français.

Ce qui se passe ensuite mérite amplement une autre exploration du terrain qui s'étendrait de Fère-Champenoise jusqu'aux marais de Saint-Gond.
 
Combat-de-Fere-Champenoise--.JPG
 
Marie-Louise-02.JPG 
Conscrit de 1814  ( Marie-Louise ). 

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

_5295-F-re-Champenoise.jpg

Fère Champenoise ( du latin Fera Campanica ) est située à l'est de Sézanne, sur la route qui mène à Vitry-le-François et à Saint-Dizier.

C'est une petite ville traversée par la Vaure et environnée de terres presqu'entièrement consacrées à la culture.

Autrefois entourée de fossés et de murailles, elle possèdait deux églises, un château et un petit couvent.

En 1756, un incendie détruisit plus de 300 maisons en deux heures.

A la suite de cet incendie, la cité a été rebâtie sur un plan plus régulier.

( source : Notions sur les communes du département de la Marne )

 

En traversant Fère-Champenoise, nous avions seulement à l'esprit le sacrifice des gardes nationaux de Pacthod et d'Amey au profit involontaire des petits corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier en retraite accélérée sur la route de Fère-Champenoise à Sézanne.

L'historien Bignon donne une idée précise de la description et de la perception des événements historiques sous la monarchie de Juillet ( 1830-1848 ) :

 

"Cependant les deux maréchaux, rivalisant d'intrépidité et de sang-froid, rallient au delà de Fère-Champenoise leurs troupes incessamment suivies et débordées par l'ennemi. Soudain une canonnade furieuse se fait entendre à une lieue à peine, et semble se rapprocher à chaque instant. Le nom de l'empereur a couru dans les rangs des deux armées ; ce mot magique a suffi pour faire arrêter la poursuite des alliés et ranimer nos soldats. Mais l'empereur est loin, et cette canonnade n'annonce qu'un nouveau désastre.

Six mille hommes environ commandés par les généraux Pacthod et Amey escortaient un convoi considérable destiné à l'armée impériale. Guidés par des ordres contradictoires et tardifs, ou plutôt égarés par la fatalité impitoyable qui pèse sur la France, ils sont aux prises avec la cavalerie de l'armée de Silésie. Ignorant toute la gravité du danger qu'il court, Pacthod a prolongé trop longtemps sa résistance à Villeseneux ; il se voit enfin forcé de se replier sur Fère-Champenoise, et bientôt après d'abandonner son convoi pour tâcher du moins de sauver ses hommes. Vain espoir ! d'un côté, Blücher s'acharne à leur poursuite ; de l'autre, la grande armée alliée le sépare déjà des maréchaux. Suivant la retraite des Français, Schwartzenberg et les souverains entraient dans Fère-Champenoise ; au bruit de ce nouveau combat, ils accourent avec la cavalerie de la garde russe et prussienne. Sous leurs yeux, la lutte recommence avec un nouvel acharnement. Quinze mille hussards ou cosaques s'élancent bride abattue ; quatre-vingts pièces d'artillerie battent en brèche les murailles vivantes que leur oppose le général Pacthod. Après sept heures de combat, nos soldats succombent, non pas vaincus, mais étouffés par les masses ennemies. Ceux qui vivent encore, la plupart couverts de blessures, ont été désarmés de force sans s'être rendus. Un millier environ a pu s'échapper dans les marais, et le reste a trouvé la mort sur le champ de bataille."

 
_5318-F-re-Champenoise.jpg

     L'église.

_5309-Gare-de-F-re-Champenoise-700ko.jpg

 

     La gare de Fère-Champenoise.


F-re-Champenoise.jpg

 

L'historien Bignon poursuit ainsi son récit plein d'enthousiasme, de fougue et d'énergie :

 

"Quels sont donc ces Français qui ont ainsi combattu ? Est-ce un dernier débris de ces redoutables armées qui ont dompté l'Europe entière ? Opposaient-ils à l'ennemi la tête de Méduse, l'uniforme de la garde impériale ? Non, ce sont presque tous des gardes nationaux angevins, poitevins et bretons, qui n'ont quitté leurs chaumières que depuis deux mois. Beaucoup d'entre eux, encore vêtus de leurs habits de paysan, l'uniforme des insurgés vendéens de 1793, n'ont comme eux d'autres armes que des fusils de chasse. Un mois auparavant, Napoléon avait passé en revue cette cohorte intrépide. "Montrez, leur avait-il dit, de quoi sont capables les hommes de l'Ouest !" L'oeil d'aigle de l'empereur avait bien vite reconnu en eux des soldats dignes de lui.

O nobles victimes ! héros de Fère-Champenoise ! Vendéens morts en combattant l'étranger ! Dans ces jours de faiblesses et de trahisons, de malheurs et de ténèbres, votre gloire rayonne à jamais ! Tandis que la restauration ( 1814-1830 ) prodiguait les panégyriques et les statues aux héros de conspirations et de guerres civiles, tandis que l'Allemagne élevait de tous côtés des monuments funèbres aux braves de sa landwehr, les ossements de nos défenseurs ont blanchi oubliés dans les plaines de la Champagne, et la France de juillet ( 1830-1848 ) leur doit encore un mausolée ! Puisse du moins leur souvenir, exalté par tous les historiens, demeurer impérissable dans nos coeurs !"

 

Nous espérons qu'à l'occasion du bicentenaire de la campagne de France de 1814, en 2014 précisément, la République Française saura honorer la mémoire collective des gardes nationaux tombés près de Fère-Champenoise, devant les marais de Saint-Gond.

Il est temps de quitter Fère-Champenoise où, malheureusement, notre enthousiasme n'a pas trouvé d'échos. 

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814



Henry Houssaye continue son récit historique :

"Vers quatre heures, comme on approchait d'Ecury-le-Repos, une section d'artillerie, soutenue par deux régiments de dragons russes, gagna la tête de la colonne et l'arrêta par son feu. En même temps la cavalerie de Wassilitchikoff ( 2500 dragons et hussards et deux batteries à cheval ) qui s'est détachée à son tour de l'armée de Silésie, débouche par Pierre-Morains sur le flanc droit des Français. De son côté Korff redouble ses attaques. Les deux divisions sont cernées de toute part, enfermées dans un cercle effroyable de sabres et de mitraille. Il ne s'agit plus seulement de repousser les charges de l'ennemi et de subir sa canonnade, il faut se faire jour à travers ses masses. Le général Delort forme son carré en colonne d'attaque et fond à la baïonnette sur les dragons et les canonniers qui barrent le chemin de Fère-Champenoise. Ceux-ci reculent. Les Français se remettent en mouvement, mais à un kilomètre plus loin, ils sont arrêtés de nouveau par les mêmes troupes qui ont repris position et dont l'artillerie multiplie ses coups."

La situation devient donc très défavorable aux Français, avec l'entrée en action des cavaliers de Wassilitchikoff.

L'armée de Silésie accentue fortement sa pression sur les troupes de Pacthod et d'Amey qui tentent toujours de rejoindre les corps d'armée des maréchaux Marmont et Mortier, à Fère-Champenoise.

Hélas, plus au sud, ces corps d'armée sont, eux-mêmes, au même moment, en pleine déconfiture sur la route de Vitry-le-François à Fère-Champenoise, culbutés, balayés, malmenés sans cesse par l'armée de Bohême depuis Soudé-Saint-Croix jusqu'à Fère-Champenoise et même au-delà dans la direction de Sézanne.

L'avancée irrésistible de l'armée de Bohême vers l'ouest crée l'événement qui sonne le glas des espérances des troupes de Pacthod et d'Amey :

"Des renforts arrivent encore à l'ennemi : les 1600 cuirassiers de Kretow qui, inquiets d'entendre le canon sur leur droite, ont abandonné la poursuite de Marmont. Cependant les six carrés, disposés en ordre oblique de façon à croiser leurs feux par les quatre faces, résistent à tous les assauts et continuent leur retraite au milieu des tourbillons de cavalerie qui remplissent les vides de l'échiquier.
Depuis plus de quatre heures, on marchait ainsi sous la mitraille et chargé tous les quarts d'heure par les escadrons ennemis. Pas un carré n'avait été entamé, pas un homme n'avait faibli. Les généraux français, plus surpris que les Russes eux-mêmes, de l'intrépidité de ces soldats en sabots et en chapeaux ronds, espéraient atteindre Fère-Champenoise. Arrivés en vue des hauteurs qui dominent cette ville, ils reconnurent que de nombreuses troupes les occupaient." Nous crûmes d'abord, dit le général Delort, que c'étaient les corps d'armée des maréchaux Mortier et Marmont, et nous nous réjouissions d'avoir opéré une jonction qui n'était pas sans gloire. Mais l'illusion fut de courte durée ; la décharge d'une artillerie formidable nous annonça en éclaircissant nos rangs que nous étions en présence d'un nouvel ennemi.
C'étaient les gardes russes et prussiennes, commandées par les souverains en personne." ( Henry Houssaye )

Il s'agit effectivement du tsar Alexandre et du roi de Prusse Frédéric-Guillaume.

A la sortie d'Ecury-le-Repos, nous constatons que Fère-Champenoise est totalement invisible et ses hauteurs complètement inexistantes !

Nous décidons alors de traverser les villages de Morains, d'Aulnay-aux-Planches et de Bannes, pour découvrir l'emplacement exact des marais de Saint-Gond, puis de rejoindre Fère-Champenoise, pour la visiter et repérer ses hauteurs soigneusement cachées.

 

Marie-Louise--.JPG

 

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

A Clamanges, nous prenons la route de Trécon et empruntons le premier chemin qui se présente à notre droite.
Nous espérons revenir ainsi sur les hauteurs de Clamanges et de Villeseneux, passer à l'endroit où nous avions peu de temps auparavant découvert un magnifique panorama sur les éoliennes, les étendues de terres cultivées et la vallée boisée de la Somme.


Sur les hauteurs de Clamanges et de Villeseneux, nous repassons effectivement à l'endroit où nous avions découvert les éoliennes, les étendues de terres cultivées et la vallée de la Somme.

Nous avons le sentiment de ne pas perdre notre temps même si nous tournons en rond, de repérer les lieux des combats entre l'infanterie de Pacthod et la cavalerie de Korff.



_5275-Poussi-re-sur-la-voiture.jpg

_5278-Germinon.jpg


GERMINON, vu depuis la route de Trécon à Villeseneux

_5279-Route-de-Tr-con.jpg

Route de Villeseneux à Trécon

_5271-Villeseneux-03.jpg

Village et Eglise Saint-Etienne de Villeseneux, au fond de la vallée de la Somme.

Au second plan à gauche, on aperçoit le clocher de l'église de Soudron, dans la vallée de la Soude, sur la route de Vatry.


Notre guide, qui se laisse manifestement emporter par sa passion napoléonienne, est en observation près de la route de Trécon, au dessus de Villeseneux.

Nous sommes visiblement à l'endroit où Korff a accroché les Français.


Route de Trécon : à droite, Villeseneux, en face, Germinon.
 

L'emplacement des éoliennes permet de déterminer approximativement la direction des marais de Saint-Gond.

Nous décidons de poursuivre la découverte des lieux, en reprenant la route qui mène à Villeseneux puis à Clamanges et enfin à Ecucy-le-Repos.

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

Henry Houssaye poursuit ainsi sa narration de la bataille :

"Arrivé à hauteur de Clamanges, le général Pacthod se résigna à abandonner son convoi pour sauver son corps d'armée. Il fit faire halte et ordonna de dételer les chevaux des voitures ; ils serviraient du moins à doubler les attelages de l'artillerie. Le major Caille avec deux bataillons se posta dans Clamanges, et sa droite ainsi appuyée, Pacthod réussit à contenir l'ennemi assez de temps pour que pût s'achever l'opération. La colonne un peu allégée reprit sa marche vers Fère-Champenoise, toujours cheminant sous la mitraille des canons de Korff et au milieu des charges de la cavalerie."

  


Entre Villeseneux et Ecury-le-Repos, le petit village de CLAMANGES dans la verte vallée de la Somme.

 

En parcourant les rues de Clamanges, nous pensons au major Caille qui personnifie la résistance héroïque de quelques milliers de gardes nationaux devant les marais de Saint-Gond, en ce vendredi 25 mars 1814.

  
François Félix CAILLE est né à Amiens, dans le département de la Somme, le 21 avril 1759.

"J'ai commencé ma carrière militaire dans le régiment de dragons de Conty le 25 mars 1777. Louis XVI daigna signer mon premier brevet d'officier. Cette grace ne s'effacera jamais de ma mémoire."

De 1777 à 1809, il sert au 4ème régiment de dragons, sans discontinuer. Ses états de service sont consultables sur internet, dans la base LEONORE des Archives Nationales. 

32 ans 5 mois et 17 jours, au service de la France des Bourbons, de la Révolution Française et de l'Empire napoléonien !

Admis à la retraite en tant que chef d'escadron, Caille ne sort malheureusement pas indemne physiquement de son service militaire.

Le 23 avril 1809, le médecin militaire certifie en effet que Caille a :

"une douleur à la partie supérieure du bras gauche avec impossibilité d'extention de l'avant-bras, suite d'un coup de feu à l'ennemi le 3 mars 1807" ;

"des vertiges fréquents avec perte de la mémoire suite d'un coup de feu reçu à la bataille de Friedland ( 14 juin 1807 ) qui en agissant comme corps contondant sur la partie latérale droite du coronal occasionna une forte commotion au cerveau et resta sans connaissance sur le champ de bataille."

Le médecin militaire est formel à propos de l'état de son patient :

"j'estime que M Caille est hors d'état de continuer son service."

Il reprend pourtant du service, comme chef de la 49ème cohorte, le 10 avril 1812.

La 49ème cohorte est composée de jeunes gens issus du 1er ban de la Garde Nationale, activée par l'Empereur peu de temps avant son départ pour la titanesque expédition de Russie.

Après la perte de sa Grande Armée en Russie, Napoléon décide d'intégrer les cohortes du 1er ban de la Garde Nationale appelées en 1812, dans 22 régiments de ligne créés en 1813 à cet effet.

Ainsi, le 149ème régiment de ligne est pour partie composé de la 49ème cohorte.

Caille, incorporé dans ce régiment, est nommé major, par décret impérial du 13 mars 1813.

La situation militaire s'aggravant au cours de l'année 1813, l'empire napoléonien étant attaqué de tous côtés à la fin de cette année terrible, l'Empereur donne pour cadres aux régiments de gardes nationaux nouvellement levés, des officiers issus des régiments de ligne.

Ainsi, Caille reçoit le commandement d'un régiment de gardes nationaux de la Seine, pendant la campagne de 1814, et ce, en tant que colonel.

En ce vendredi 25 mars 1814, il a son cheval tué à l'affaire de Fère-Champenoise et est fait prisonnier de guerre.

 Il rentre au pays par échange le 16 avril 1814.

Caille est fait d'abord chevalier de la légion d'honneur le 14 avril 1807, puis chevalier d'Empire le 9 décembre 1809 et enfin chevalier de Saint-Louis le 20 août 1823.

Il meurt le 7 janvier 1828 et est enterré au cimetière de la Madeleine, à Amiens. 

 

En jetant un dernier regard sur l'église et le cimetière, nous nous éloignons lentement de ce petit village chargé d'histoire napoléonienne.

 

_5266-Eglise-de-Clamanges-700ko.jpg

 

Eglise de CLAMANGES

 

_5268-Eglise-de-Clamanges--700ko-.jpg

Le portail de l'église de CLAMANGES

 

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

Samedi 19 septembre 2009.

Le village est calme, paisible, agréable dans la douceur de cette fin d'été.

Nous en profitons pour effectuer notre pause déjeuner.

L'endroit pour un pique-nique improvisé est idéal en bordure de la petite rivière la Somme.

_5229-Villeseneux-700ko-02.jpg

Eglise Saint-Etienne de Villeseneux.

 

Villeseneux, vu depuis la route de Trécon.


_5281-Villeseneux.jpg


Le moulin sur la Somme.

_5208-Villeseneux-700ko.jpg

 

Villeseneux, au matin du 25 mars 1814.

L'infanterie française est donc surprise en terrain totalement à découvert par les cavaliers ennemis, près de Villeseneux.

Le général Pacthod a visiblement manqué à son devoir : envoyer des reconnaissances dans toutes les directions pour se garder de tous côtés et prendre en temps utile les bonnes dispositions indispensables à la protection de son convoi.

Il commet, dans la foulée, l'erreur fatale :

"Pacthod croyant n'avoir affaire qu'à un fort parti de fourrageurs prit ses dispositions de combat. Sa division, ployée en colonnes de bataillon et ayant ses trois batteries sur le front, appuya sa droite à Villeseneux. La division Amey, formée en un grand carré, occupa la gauche de la ligne de bataille. Les voitures et les fourgons se massèrent en arrière. A l'approche des escadrons ennemis, les gardes nationaux et les Marie-Louises firent bonne contenance. Plusieurs charges simultanées furent repoussées. Pacthod se maintint en position jusqu'à midi ; mais voyant croître les forces de l'ennemi et craignant d'être enveloppé, il se décida à se replier sur Fère-Champenoise en remontant la petite rivière de la Somme-Soude" ( Henry Houssaye )

Henri Houssaye s'est trompé et, malheureusement, à sa suite, des générations d'historiens se sont également trompées, à propos de la remontée de la petite rivière !

Les Français vont, en effet, remonter la Somme et non la Somme-Soude.

Il suffit de consulter avec un peu d'attention une carte de géographie ou mieux de se transporter sur les lieux des combats !

Pour en revenir à Pacthod, il commet l'erreur fatale de ne pas immédiatement décrocher, de ne pas filer rapidement à travers champs vers les hauteurs de Fère-Champenoise.

La retraite ordonnée trop tardivement fut, dès le début, des plus périlleuses :

"On se mit en mouvement, l'infanterie formée en six carrés, les voitures rangées par quatre de front au centre des carrés. La marche était des plus lentes, le désordre se mettant à tout instant dans le convoi et les bataillons s'arrêtant sans cesse pour repousser les charges multipliées de la cavalerie de Korff. L'artillerie russe à cheval, rapide manoeuvrière, venait s'établir à trois cents mètres des Français et leur envoyait une volée de projectiles, puis les cavaliers se ruaient sur les carrés mitraillés." ( Henry Houssaye )

La retraite allait s'effectuer par la traversée de champs boueux, détrempés par les giboulées du mois de mars !

 

_5193-VILLESENEUX-700KO.jpg

 

Villeseneux, du latin " villa senatoris "est située entre Châlons-en-Champagne et Fère-Champenoise.

Nous décidons de poursuivre notre route vers Clamanges, après cette halte déjeuner à Villeseneux.



Nous quittons la route de la vallée de la Somme, entre VILLESENEUX et CLAMANGES, pour emprunter un chemin sableux et surtout très poussiéreux.

Une épaisse poussière blanche se soulève sous nos roues.

La nature du sol est extrèmement calcaire, crayeuse.

 

Nous pensons, avec émotion, aux gardes nationaux et aux soldats de la Ligne qui luttèrent des heures durant, avant de succomber en ce 25 mars 1814.  


_5232-Hauteurs-de-Clamanges.jpg



_5236-Hauteurs-de-Clamanges.jpg

Sur les hauteurs de CLAMANGES et de VILLESENEUX, nous découvrons la vallée boisée de la Somme.

_5242-Hauteurs-de-Clamanges.jpg

 

Des images inoubliables pour des passionnés d'Histoire !


_5245-Hauteurs-de-Clamanges.jpg



_5250-hauteurs-de-Clamanges.jpg

Le chemin vers la route de VILLESENEUX à CLAMANGES.



Le chemin en direction de CLAMANGES.



Après la traversée de Clamanges, nous vérifierons si, comme nous le pensons, ce chemin qui sillonne les hauteurs de Villeseneux et de Clamanges est bien parallèle à la route située en contrebas le long de la Somme.

Nous reviendrons donc sur nos pas, avec le ferme espoir de déboucher par ce chemin sur la route de Bergères à Villeseneux, mieux de Trécon à Villeseneux, c'est-à-dire à l'endroit où se situait le convoi de Pacthod surpris par la cavalerie russe de Korff.

Ainsi, nous aurons la certitude de bien sillonner le champ de bataille du second combat de Fère-Champenoise.

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

Derrière le rideau d'arbres, se cachent les marais de Saint-Gond.

Notre guide est déjà plongé dans ses méditations napoléoniennes.



_5153-Fontaine-PERE-la-CASQUETTE--700ko-.jpg

Je profite de notre halte à ETOGES pour me désaltérer à la fontaine " Père la casquette."

_5160-Etoges--route-de-Ch-lons-en-Champagne--RD33-.jpg

La route d'Etoges à Châlons-en-Champagne.

_5156-Etoges--clocher-de-F-rebrianges.jpg

A la sortie d' ETOGES.

Derrières les vignes de Champagne, pointe le sommet du clocher de Fèrebrianges.

 

_5176-Germinon.jpg

 

Germinon et son monument aux morts de la Grande Guerre. 

 

_5170-Germinon.jpg

 

Eglise de GERMINON.

Dans son ouvrage intitulé 1814
, le grand historien Henri Houssaye ( 1848 - 1911 ) écrit à ce propos :

"Les faisceaux étaient formés depuis un quart d'heure et les hommes commençaient à manger, lorsque le général Delort aperçut un gros de cavalerie qui se dirigeait perpendiculairement à la route. C'était l'avant-garde de l'armée de Silésie, en marche de Châlons sur Bergères. Prévenu par Gneisenau, qui avait poussé en personne une reconnaissance sur la gauche, qu'un convoi considérable s'avançait vers Vatry, Korff avec ses 4000 dragons et chasseurs, les 1500 Cosaques de Karpow et une batterie légère, avait quitté la route à Thibie et passé la Somme-Soude près de Germinon. Pendant ce temps, le gros de l'armée de Blücher, précédé par la cavalerie de Wassiltchikoff, continuait sa marche sur Bergères."

Vers onze heures moins quart, la cavalerie alliée de Korff attaque donc de flanc les Français qui venaient de faire une halte près de Villeseneux, à mi-chemin entre Bergères et
Vatry.

Henry Houssaye s'est interrogé sur le nombre de soldats français engagés dans ce combat de Fère-Champenoise :

"Les rapports russes et les historiens français ( Koch, Vaudoncourt, Thiers ) portent les deux divisions à 5800 ou 6000 fusils. D'après la relation manuscrite du général Delort, brigadier de Pacthod, ce petit corps n'aurait pas dépassé le chiffre de 3300 hommes : 800 pour les conscrits d'Amey ; 2500 pour les gardes nationales de Pacthod et le bataillon du 54ème. A comparer les situations des Archives de la guerre, il semble que Delort ait mis un 2 pour un 3 en donnant l'effectif de la division Pacthod. La situation du 1er mars porte 3955 hommes ; celle du 5 mars, 4007 celle du 10 ( la dernière qui se trouve aux Archives ), 4027. Pacthod ne combattit point du 10 au 25 mars. Qu'il ait perdu pendant ces quinze jours 500 hommes par les maladies et la désertion, c'est bien là tout ce qu'on peut admettre. On arrive ainsi au minimum de 3500 hommes. Pour la division Amey, que Koch évalue à 1800 hommes, la relation du général Delort qui la porte seulement à 800 hommes est conforme aux situations du 11ème corps : 793 hommes."

 

_5181-Germinon.jpg

 

Pont de Germinon sur la Somme-Soude. 

 

_5180-Germinon.jpg

 

La Somme-Soude, réunion de deux petites rivières, la Somme, qui prend sa source à Sommesous, et la Soude, qui naît à Soudé-Sainte-Croix.

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - Fère-Champenoise 1814

    Samedi 19 septembre 2009.

Il est midi et la journée est magnifique avec un soleil éclatant !

_1318-Bataille-de-Champaubert--700ko-.jpg

Les armées de Silésie et de Bohême ont vaincu Napoléon et sa petite troupe à La Rothière, le 1er février 1814.

Euphoriques, elles décident de marcher séparément vers PARIS et ainsi de vivre plus facilement sur le pays envahi.

L'armée de Silésie, commandée par le prussien Blücher, remonte alors vers le nord et avance résolument vers la capitale, en empruntant la route de la Marne et du Petit Morin, alors que l'armée de Bohême, dirigée par l'Autrichien Schwarzenberg, poursuit lentement mais sûrement sa progression vers l'ouest, en suivant la route de l'Aube et de la Seine.

Après avoir eu connaissance de la séparation des deux armées étrangères, Napoléon décide de livrer bataille aux forces de Blücher qu'il bat à CHAMPAUBERT, MONTMIRAIL, CHATEAU-THIERRY et VAUCHAMPS.

Du 10 au 14 février, il remporte victoire sur victoire et redonne ainsi espoir à la France en guerre.

La campagne de France n'est pas encore terminée.




_5120Champaubert-Boulet-de-canon.jpg

_5121-Boulet-de-Canon--Champaubert.jpg

_5122-Colonne-de-Champaubert.jpg

_5140-Champaubert.jpg

Ces fûts de canon ont été fondus dans les années 1830 !
Ils sont donc postérieurs à l'époque napoléonienne qui nous intéresse aujourd'hui.


_5133-Champaubert.jpg

Nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres des lieux où se sont déroulés les événements du 25 mars 1814.

Eric, mon coéquipier et copilote, consulte très, très attentivement ses cartes infroissables.

Il faut se rendre à GERMINON, trouver l'endroit où les cavaliers de Korff ont traversé la Somme-Soude, petite rivière née de la réunion de la Soude et de la Somme.

Contrairement à ce que vous pourriez éventuellement penser, il ne s'agit pas de la Somme en Picardie.

En quittant à regret Champaubert, nous poursuivons notre route vers les champs de bataille de Fère Champenoise.

 

Un arrêt à ETOGES, charmant petit village au milieu des vignes champenoises, s'impose à nous.

 


_5158-Etoges.jpg



_5145-Ch-teau-d-Etoges.jpg

Château d' ETOGES
 
Il avait été construit au XVIIè Siècle par les comtes d'Anglure, à l'emplacement d'une forteresse de l'époque médiévale entourée de douves dont les tours d'angles sont toujours visibles.

Il devint, en 1802, la propriété de monsieur François-Scholastique Guéheneuc qui avait marié sa fille, Louise, au général Lannes, le fidèle compagnon d'armes de Napoléon Bonaparte, le 16 septembre 1800.

Monsieur Guéheneuc connut une brillante carrière politique sous l'Empire, marquée par son entrée au Sénat conservateur, le 3 mars 1810, et par son élévation au rang de comte, le 14 avril 1810.

Louise, qui eut la douleur de perdre à la guerre son mari, devint la dame d'honneur de l'impératrice Marie-Louise, la seconde épouse de Napoléon.

Louis CHARDIGNY, auteur d'un livre passionnant, LES MARECHAUX DE NAPOLEON, écrit à son propos : "Après la chute de l'Empire, elle rentra sans regret dans la vie privée et ne fit plus parler d'elle pendant les quarante-deux ans que dura encore son existence."

Elle mourut, en effet, à PARIS, le 3 juillet 1856.
  
Aujourd'hui, le château d'Etoges est la propriété d'une hostellerie restaurant.

_5150-Ch-teau-d-ETOGES--700ko-.jpg

Voir les commentaires

Published by Didier Simonnet et Eric Poisson - - La campagne de France

1 2 > >>
Haut

La défaite oubliée

Histoire militaire de la France ; campagne de 1814 ( Fère-Champenoise, Saint-Jean-Les-Deux-Jumeaux, Trilport et Meaux ; cohortes de gardes nationaux et compagnies mobiles de canonniers garde-côtes de Napoléon ) ; bicentenaire de 1814 en Brie et en Champagne ; général Farine du Creux ( 1770-1833 ) ; bataille de la Marne de 1914 ( Marais de Saint-Gond ) ; centenaire de la Grande Guerre 1914-1918 ( Meaux et Chauconin-Neufmontiers ) ; campagnes de 1940 et de 1944-1945 ; service historique de la Défense ( SHD ) au château de Vincennes ( Val-de-Marne ) ; Santeny ( Val-de-Marne ) ; notre bonne ville de Yerres ( Essonne ).

Pages

Hébergé par Overblog