Mardi 24 août 2010
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Nous empruntons l'itinéraire suivi par la cavalerie de Wassilczikow, éclairé par Trécon et Pierre-Morains.
Pendant la bataille de Fère-Champenoise, la cavalerie de Wassilczikow a d'abord protégé le flanc droit de la cavalerie de Korff en
action contre les troupes françaises de Pacthod et d'Amey, de Villeseneux jusqu'à Ecury-le-Repos, puis s'est engagée pleinement dans les combats près des Marais de Saint-Gond.
Dans son Histoire des campagnes de 1814 et 1815, en France, le général Guillaume de Vaudoncourt écrit à propos de Fère-Champenoise
:
"Dès le matin, le maréchal Blücher, ayant laissé l'infanterie du général Voronzow à Châlons, s'était mis en marche avec les corps de
Langeron ( un émigré français au service de la Russie ), Sacken et Strogonow, par la route de Bergères. A la hauteur de Bierges, le général Korff, qui formait l'avant-garde avec la
cavalerie du corps de Langeron ( plus de cinq mille chevaux ), aperçut le corps du général Pacthod, et se dirigeant de ce côté parut bientôt devant Villeseneux. Le général Pacthod se hâta de
former ses troupes ; ses deux brigades en bataille, la droite appuyée au village, et la gauche couverte par la division Amey, en un grand carré ; son convoi en masse. Dans cette position, il
repoussa pendant une heure et demie toutes les attaques de la cavalerie ennemie. Mais l'imprudence d'avoir prolongé ainsi le combat, au lieu de se mettre de suite en retraite, amena la perte de
ce corps ; le général Pacthod en convint lui-même. Enfin, le général Wassilczikow, attiré par le bruit du combat, ayant paru à la hauteur de Trécon à la tête de la cavalerie du
corps de Sacken, forte de près de quatre mille chevaux, le général Pacthod sentit la nécessité de se mettre en retraite."
TRECON
Nous avons retrouvé des témoins de la campagne de France.
Alexandre LEPAGE et Alexandrine JOURDAIN avaient 14 ans en 1814.
Sur la route entre TRECON et PIERRE-MORAINS s'étend le champ de bataille de Fère-Champenoise.
Le général de Vaudoncourt poursuit ainsi son récit mouvementé de la retraite de Pacthod :
"Il la fit en échiquier jusqu'à Clamange, couvrant son convoi qui marchait sur quatre voitures de
front. Mais là, il fut obligé de l'abandonner pour ne pas s'exposer à une perte certaine ; la cavalerie de Wassilczikow approchait et menaçait ses derrières, par Pierre-Morains ;
une partie de la cavalerie du général Korff l'avait déjà débordé. Pour avoir cependant le temps de dételer les chevaux et de doubler les attelages de son artillerie, il jeta dans Clamange deux
bataillons, sous les ordres du major Caille. Cette opération réussit, et la retraite continua en carrés et en échiquier.
Vers trois heures après midi, le général Pacthod avait atteint Ecury-le-Repos, lorsque la brigade Pahlen 2,
du corps de Korff, se présenta sur ses derrières, pour lui couper le chemin de Fère-Champenoise. Le général Delord proposa de se faire jour, en culbutant cette cavalerie. Sa brigade formée en
colonnes d'attaque rompit la brigade Pahlen ; mais au même moment la cavalerie de Wassilczikow entra en action et une charge obligea le général Delord à se reployer en carrés. Alors le général
Pacthod, désespérant d'atteindre Fère-Champenoise et de joindre les maréchaux, qui, en ce moment, dépassaient eux-mêmes ce bourg, essaya de gagner le marais de St.-Gond. Les premiers instans de
sa marche, dans cette nouvelle direction, furent assez paisibles. Le général Korff rebuté de l'inutilité de ses attaques et fatigué d'un aussi long combat, arrêta sa cavalerie pour lui faire
reprendre haleine. Le général Wassilczikow prolongeait la sienne par la droite, vers Petit-Morains et Petit-Aulnay, pour tourner les carrés français."
Le général de Vaudoncourt écrit un peu plus loin :
"Les souverains ( l'empereur de Russie et le roi de Prusse ) voyant approcher les troupes du général Pacthod,
qui déjà étaient à l'instant d'atteindre Petit-Aulnay, se hâtèrent de porter de ce côté la cavalerie de la garde prussienne, les hussards et les cosaques de la garde russe, qu'ils avaient sous la
main, et rappelèrent également la réserve du grand duc Constantin, qui n'avait pas encore de beaucoup dépassé Fère-Champenoise. Ils firent en même temps déboucher le corps de Rajewsky. Peu
de momens après le général Pacthod se vit attaqué, sur sa droite, par la cavalerie de la garde russe et prussienne. Celle du général Korff reprit son attaque de front, celle du général
Wassilczikow l'assaillit sur sa gauche et presque sur ses derrières. Le général Pacthod arrêta ses carrés et, par une courte harangue, exhorta ses soldats à périr les armes à la main. Un feu
nourri et la fermeté inébranlable des troupes firent échouer plusieurs charges successives, et déjà l'ordre avait été donné au général Rajewsky de hâter le pas avec son infanterie. Mais la
mitraille de soixante-dix-huit bouches à feu, avait entr'ouvert les rangs de nos braves et une dernière charge pénétra par les brèches, que le canon avait faites dans les carrés. Nos valeureux
soldats, les gardes nationaux surtout, vendirent chèrement leur vie et périrent en grande partie, plutôt que de déposer les armes. Le carré du général Thévenet de la division Amey, résistant à
toutes les attaques, était au moment d'atteindre Bannes, lorsque presqu'entièrement démoli par quarante bouches à feu, il fut également enfoncé. Le corps du général Pacthod périt presqu'en
entier, car rien ne pouvait arrêter la fureur d'un ennemi sanguinaire, irrité de voir une poignée de fantassins résister pendant plus de sept heures, à neuf, puis à douze mille hommes de
cavalerie."
Une vue sur le Mont Aimé, trop éloigné du champ de bataille pour servir de refuge aux divisions de Pacthod et
d'Amey.
L'église de PIERRE-MORAINS.