Nous continuons notre périple au Nord des Marais de Saint-Gond, en ce jour anniversaire du second combat de Fère-Champenoise.
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Nous continuons notre périple au Nord des Marais de Saint-Gond, en ce jour anniversaire du second combat de Fère-Champenoise.
Dernière étape de notre 16 ème voyage à travers
l'histoire, en ce vendredi 25 mars 2011.
Soizy sur la route de Sézanne, nous visitons le mémorial édifié en souvenir des valeureux combattants de la première guerre mondiale.
Lors de notre 17 ème voyage ( 23 avril 2011 ), nous nous rendons à la séance d'instruction des GROGNARDS DE LA MARNE, séance animée magistralement par l'association des GROGNARDS DE LA SOMME, en vue de préparer les futurs cadres de la reconstitution des combats de TRILPORT et de SAINT-JEAN-LES-DEUX-JUMEAUX prévus en septembre 2013.
Un travail sérieux toujours effectué dans la bonne humeur.
Nous vous invitons à consulter, dans ce blog ( colonne de droite ), les albums photos très, très fournis de l'association : " LES GROGNARDS DE LA MARNE ".
Nous exprimons toute notre gratitude à l'association " LES GROGNARDS DE LA SOMME " qui a fait preuve d'un grand professionnalisme et d'une patience à toute épreuve, en cette journée particulièrement ensoleillée du 23 avril 2011.
Pour notre 18 ème voyage effectué le 18 juin 2011, nous nous rendons, à VERTUS ( département de la Marne ), pour suivre les conférences historiques sur le Mont-Aimé.
Le château du Mont-Aimé. Dessin d'après une gravure de Claude Chastillon ( 1559 - 1616 ).
Monsieur Pascal PERROT, maire de Vertus.
A l'issue des conférences, nous effectuons une visite dans les rues de Vertus.
Ci dessous : Le château féodal du Mont-Aimé, et Vertus.
Croquis d'après une estampe ancienne.
A travers les Champs fleuris.
Autour d' Etoges.
Eglise de Beaunay.
VILLIERS-LES-MAILLETS ( Seine & Marne ). Le Château.
LES MONTGETS ( Seine & Marne ).
SEANCE D' INSTRUCTION DU SAMEDI 25 JUIN 2011.
Appelées et mobilisées en application des décrets impériaux des 5 avril 1813, 30 décembre 1813 et 6 janvier 1814, des gardes nationales actives regroupées en deux divisions se concentrent à MEAUX, en ce mois de février 1814.
Ainsi, les gardes nationales du camp de SOISSONS, qui se trouvaient à COMPIEGNE, s'y établissent, le 24 février 1814, " d'après les intentions de l'Empereur ".
Il s'agit précisément des gardes nationales des départements de l'Eure, de l'Oise, de la Somme, de la Seine et Oise ( partagée de nos jours, entre les trois départements de l'Essonne, du Val-d'Oise et des Yvelines, principalement ) et de la Seine Inférieure ( aujourd'hui Seine-Maritime ).
Ces gardes nationales comptent au total 32 officiers et 1510 sous-officiers et soldats.
L'adjudant commandant NOIZET est le véritable commandant de ces gardes nationales.
A titre indicatif, adjudant commandant est un grade intermédiaire entre colonel et général de brigade.
A la même époque, le 21 février 1814, les gardes nationales du camp de Meaux sous les ordres du maréchal MACDONALD, commandant du 11ème corps d'armée, sont les suivantes :
. 1 bataillon du Calvados et 1 bataillon de la Manche appartenant aux régiments du Calvados et de la Manche ;
. 1er et 2ème bataillons du régiment de l'Orne ;
. 1er, 2ème, 3ème et 4ème bataillons du régiment de Rochefort ;
. 1er, 2ème et 3ème bataillons du 1er régiment de Brest ;
. 1er et 2ème bataillons du 2ème régiment de Brest ;
. 1er et 2ème bataillons du régiment du Nord.
Au total, ces gardes nationales forment 15 bataillons qui totalisent 190 officiers et 4491 sous-officiers et soldats.
Ils sont commandés par le général de division LUCOTTE , les généraux de brigade GUYE et RONZIER, l'adjudant commandant DUFOUR.
LUCOTTE, GUYE et RONZIER étant appelés à exercer d'autres responsabilités, DUFOUR devient l'officier le plus gradé de la division.
Une concentration des gardes nationales actives à MEAUX qui montre bien l'importance de cette cité dans le dispositif de couverture de Paris, mis au point par NAPOLEON.
Le remarquable dictionnaire des colonels de NAPOLEON, oeuvre de Danielle et Bernard QUINTIN, porte également sur les adjudants commandants.
Par sa lecture, nous apprenons que l'adjudant commandant Jean Rémi NOIZET ( 1764 - 1818 ) avait été aide de camp du légendaire général Marceau, sous la Révolution française.
Quant à l'adjudant commandant Pierre Charles Antoine DUFOUR dit SAINT-CHARLES ( 1768 - 1837 ), il avait été admis à la retraite, le 15 octobre 1809, et rappelé au service à la division des gardes nationales réunies à MEAUX, le 13 février 1814.
Puisque nous évoquons ici et maintenant la place de MEAUX en 1814, nous devons rappeler que le général André DRUT ( 1764 - 1818 ), volontaire au régiment de Brie le 8 juin 1781, fut nommé commandant d'armes ( commandant de place ) à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, le 14 février 1814, puis à MEAUX, le 11 mars 1814.
En temps de guerre, le commandant de place était aussi, selon le dictionnaire BARDIN, commandant de la Garde Nationale.
NOIZET, DUFOUR et DRUT : des noms qui symbolisent la Garde Nationale de 1814 à MEAUX.
Alors que les gardes nationales du camp de MEAUX ( DUFOUR ) sont réparties, pour le plus grand nombre ( 3007 sur 4681 ), entre les divisions ALBERT, AMEY et BRAYER du 11ème corps d'armée, les gardes nationales qui faisaient partie de la division du camp de SOISSONS maintenant réunies à MEAUX ( NOIZET ) restent cantonnées dans la région de MEAUX.
A l'époque du 15 mars 1814, la garde nationale de Seine Inférieure est cantonnée à VAREDDE pour la défense du bac de TRILPORT tandis que la garde nationale de la Somme est cantonnée à LAGNY pour la défense du pont. Les gardes nationales de Seine et Oise, de l'Eure et de l'Oise sont toujours stationnées à MEAUX.
Nous en arrivons enfin
à l'escorte du fameux convoi abandonné le 25 mars 1814, au cours du second combat de FERE CHAMPENOISE livré par les deux divisions de gardes nationales sous le commandement des
généraux PACTHOD et AMEY.
Dictés le 18 mars 1814 à EPERNAY, les ordres de NAPOLEON sont les suivants :
" Mon cousin ( maréchal BERTHIER ), donnez ordre que le premier et le deuxième convoi d'artillerie qui arrivent aujourd'hui à MEAUX, et qui sont escortés par le 8ème régiment de marche et par le 6ème bataillon du 86ème, fort de 500 hommes, partent demain pour se rendre à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, où ils seront joints par le 3ème bataillon du 40ème de ligne, fort de 600 hommes. Vous donnerez ordre également qu'un bataillon de gardes nationales de la Seine Inférieure, un de l'Eure et un de l'Oise, formant ensemble 1200 hommes, se joignent à cette escorte, ce qui fera cinq bataillons ou près de 2000 hommes. Il sera nécessaire qu'on y attache, à MEAUX, une batterie d'artillerie, ce qui fera une colonne de 1000 hommes du 86ème et du 40ème, et de 1200 hommes des gardes nationales de la Seine-Inférieure, de l'Eure et de l'Oise, formant 2200 hommes d'infanterie, de 400 hommes de cavalerie du 8ème régiment de marche et de huit pièces de canon. Il est nécessaire qu'un colonel intelligent prenne le commandement de cette colonne, qui se rendra à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, et de là continuera son mouvement sur MONTMIRAIL pour venir nous rejoindre. "
Le "colonel intelligent" n'est autre que l'adjudant commandant NOIZET.
A l'époque du 22 mars 1814, les troupes du convoi parti de MEAUX le 19 mars comptent 1618 soldats d'infanterie qui se répartissent de la façon suivante :
. 425 gardes nationaux du département de Seine Inférieure ;
. 269 gardes nationaux du département de l'Eure ;
. 279 gardes nationaux du département de l'Oise ;
. 196 conscrits du 3ème bataillon du 40ème régiment de ligne ;
. 449 conscrits du 6ème bataillon du 86 ème régiment.
Dans son état de situation à l'époque du 22 mars 1814, NOIZET précise bien que le 8ème régiment de marche qui l'accompagne est composé de 201 cavaliers et de 220 chevaux.
Les cavaliers proviennent essentiellement des 12ème, 17ème, 19ème, 20ème et 27ème régiments de dragons.
Dans la récapitulation générale de son état de situation, le nombre de cavaliers et de sapeurs atteint 350, en rajoutant les "dragons du 16" et les "sapeurs du 2".
Au total, l'escorte du convoi présente un effectif de 1618 soldats d'infanterie et de 350 cavaliers et sapeurs, soit 1968 hommes.
Nous nous donnons la peine de vous donner tant de précisions pour vous montrer comment un ordre de l'Empereur NAPOLEON était exécuté sur le terrain par ses subordonnés.
NOIZET escorte donc son convoi de MEAUX jusqu'à SEZANNE, où il est pris en charge par les deux divisions de gardes nationales sous les ordres des généraux PACTHOD et AMEY.
Le détachement de l'adjudant commandant NOIZET se trouve alors sous les ordres du général COMPANS, " chargé de réunir à SEZANNE les détachements isolés".
Pour notre 20ème balade, nous nous rendons à Santeny, commune du Val de Marne et de la Brie, située dans la vallée du Réveillon, à la recherche de la tombe du général Farine du Creux.
Visite au cimetière de Santeny.
En l'absence du détachement NOIZET, une grande nouvelle se répand dans la cité de MEAUX.
Le général François Roch LEDRU, baron des ESSARTS, appelé communément LEDRU DES ESSARTS ( 1770 - 1844 ), a été nommé, le 22 mars 1814, commandant supérieur de la place de MEAUX.
Contrairement au général DRUT, LEDRU DES ESSARTS a participé à la campagne d'Autriche en 1805 ( présent à AUSTERLITZ ), à la campagne de Prusse en 1806 ( présent à IENA ), à la campagne de Pologne en 1807 ( présent à EYLAU ), à la campagne d'Autriche en 1809 ( présent à ASPERN ), à la titanesque expédition de Russie en 1812 sous le commandement du fameux maréchal NEY ( présent à KRASNOE, à SMOLENSK, à VALOUTINA, à LA MOSKOWA, à LA BEREZINA ), à la campagne de Saxe ( présent à BAUTZEN ) et à la campagne d'Allemagne ( présent à LEIPZICK ) en 1813.
Une brillante carrière militaire sous l'Empire à faire pâlir de jalousie ses camarades, en particulier le général DRUT.
La place de MEAUX dispose désormais de deux généraux très complémentaires l'un de l'autre.
Alors que LEDRU DES ESSARTS s'est distingué constamment, au cours des campagnes napoléoniennes à travers l'Europe, André DRUT a, en effet, exercé uniquement, sous l'Empire, les responsabilités inhérentes à un commandant d'armes ( commandant de place ).
Ses affectations à l'époque de Napoléon ont été les suivantes : PORTO-FERRAJO ; HELDER ; GORCUM ; LA FERTE-SOUS-JOUARRE ; MEAUX.
DRUT est donc, par définition, un homme de guerre bien en place.
A l'époque du 26 mars 1814, le général commandant la place de MEAUX, André DRUT, signe la feuille de situation des corps stationnés à MEAUX et dans ses environs.
L'effectif total des corps, état-major et officiers compris, s'élèvent à 3441 hommes ( 112 officiers et 3329 sous-officiers et soldats ) et à 105 chevaux.
Dans cet effectif total, nous trouvons :
. 338 gardes nationaux de la Somme ;
. 92 gardes nationaux de l'Oise ;
. 88 gardes nationaux de l'Eure ;
. 259 gardes nationaux de Seine et Oise ;
. 548 gardes nationaux des Deux-Sèvres, arrivés dans la place de MEAUX le 24 mars, deux jours auparavant ;
. 83 gardes nationaux du Calvados et de la Manche ;
. 181 gardes nationaux du 1er régiment de Brest ;
. 142 gardes nationaux du 2ème régiment de Brest ;
. 153 gardes nationaux du 2ème régiment de Cherbourg ;
. 43 gardes nationaux du régiment de Rochefort ;
. 55 hommes de la Garde Nationale Mobile de la Seine, arrivés le 25 mars, la veille autrement dit.
Au total, 1982 gardes nationaux activés sont dénombrés dans MEAUX et ses environs.
Quelques observations sur la situation de ces corps nous apprennent que :
. les gardes nationales de la Somme, de l'Oise et de l'Eure sont détachées à LAGNY ;
. la garde nationale de Seine et Oise est détachée à VAREDDE ;
. les gardes nationaux du 1er régiment de Brest sont détachés à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, du 26 mars ;
. les gardes nationaux du 2ème régiment de Brest sont détachés à LISY, du 25 mars.
Les gardes nationaux activés ( 1982 hommes sur 3441 ) représentent, en définitive, plus de la moitié des effectifs stationnés à MEAUX et ses environs, à la veille des combats de SAINT-JEAN-LES-DEUX-JUMEAUX, de TRILPORT et de MEAUX.
Ils proviennent d'arrondissements maritimes ( Brest, Cherbourg, Rochefort ) et de départements extérieurs à la Seine-et-Marne.
Dès son entrée en fonction, le général LEDRU DES ESSARTS est confronté à une situation de crise, prélude aux combats du 27 mars 1814.
Dans son rapport de la journée du 26 mars au ministre de la Guerre ( le général CLARKE, le fameux duc de Feltre ), il écrit :
" Une colonne de 12 à 1500 hommes isolés de divers régiments de cavalerie des corps du duc de Raguse ( maréchal MARMONT ) et du duc de Trévise ( maréchal MORTIER ), s'est présentée à la porte de Cornillon venant de COULOMMIERS et suivie d'une nuée d'officiers de toutes armes, de domestiques et de chevaux de main, le tout en assez grand désordre.
J'ai inutilement essayé de rallier la cavalerie et je me suis vu forcé de laisser passer cette cohue afin de ne pas encombrer le passage des ponts lorsque le général COMPANS que j'attends cette nuit se présentera avec son corps. "
Un peu plus loin, LEDRU DES ESSARTS donne quelques précisions supplémentaires :
" MEAUX se trouve encombré. J'ai ordonné de faire sortir toutes les voitures de bagages, convois etc afin d'y pouvoir circuler librement.
J'ai envoyé la gendarmerie à 2 lieues sur la chaussée de PARIS et à CLAYE pour arrêter les traîneurs et fuyards. "
NB : ce rapport est consultable, dans son intégralité, au service historique de la Défense, à VINCENNES ( Val de Marne ).
Après SANTENY, nous nous rendons à BRIE-COMTE-ROBERT, à la recherche de la tombe du général-baron Baltus (1756-1845).
Brie-Comte-Robert, parvis de l'église Saint-Etienne.
Brie-Comte-Robert, façade de la chapelle Saint-Eloi de l'ancien Hôtel-Dieu.
Cimetière de Brie-Comte-Robert, tombe du général Baltus.
Ici repose Bazile Guy Marie Victor baron de BALTUS Lieutenant Général d'artillerie.
Le 27 mars 1814 reste, dans l'histoire de France, une journée particulière qui n'a pas retenu toute l'attention des historiens, coincée qu'elle était entre les combats de FERE-CHAMPENOISE du 25 mars 1814 et la bataille de PARIS du 30 mars 1814.
Pourtant, l'abandon de MEAUX par les Français marque une étape décisive dans la progression des armées alliées vers la capitale.
Contrairement à ce que le général CLARKE, ministre de la Guerre, avait grandement espéré, les combats pour MEAUX n'ont pas constitué un ralentisseur à cette progression et, par voie de conséquence, donné la possibilité à NAPOLEON de rentrer dans sa capitale pour la défendre.
Cette journée du 27 mars 1814 débute par l'arrivée des troupes sous le commandement des généraux COMPANS et VINCENT.
Dans sa lettre à CLARKE datée du 27 mars 1814 à 2 heures après midi, LEDRU DES ESSARTS écrit :
" Monseigneur, M. M. les généraux COMPANS et VINCENT sont arrivés ce matin à 7 heures. J'étais allé à leur rencontre avec deux bataillons et une demie batterie d'artillerie.
Le général COMPANS avait 130 voitures d'artillerie, et à peu près 1400 hommes de toutes armes. Le général VINCENT avait 4 à 500 hommes. "
Le détachement de l'adjudant commandant NOIZET fait partie des troupes de COMPANS.
Les gardes nationales de Seine Inférieure, de l'Eure et de l'Oise ont donc fait la fameuse, la trop fameuse retraite de SEZANNE à MEAUX.
En effet, le général COMPANS a pris la décision de quitter SEZANNE, sans attendre les corps des maréchaux MARMONT et MORTIER, pour protéger son convoi d'artillerie.
Dans sa lettre du 26 mars 1814 adressée à COMPANS, le général CLARKE désapprouve cette décision et lui ordonne de défendre à outrance le terrain :
" Je regrette Général que vous ayez apporté autant de précipitations à évacuer SEZANNE, avant d'avoir reçu des ordres ou des nouvelles plus positives, de la part du duc de Trévise ( maréchal MORTIER ) ou du duc de Raguse ( maréchal MARMONT ), attendu que vous auriez pu leur faciliter les moyens de réparer leurs pertes en artillerie ou en équipages et même protéger leur mouvement, soit en ralliant les fuyards soit en repoussant les partis ennemis.
Je suppose néanmoins Général, que vous n'aurez pas précipité votre retraite sur MEAUX, et que vous aurez profité des localités pour arrêter l'ennemi sur tous les points où il aurait cherché à vous déborder.
Je ne puis que m'en rapporter aux dispositions que vous avez du faire à cet égard. Vous sentez Général combien il importe que vous défendiez toutes vos positions jusqu'à la dernière extrémité, afin de retarder par tous les moyens possibles la marche de l'ennemi. "
Jean-Dominique COMPANS ( 1769 - 1845 ) est, en quelque sorte, rappelé à l'ordre.
C'est pourtant un personnage illustre de la Grande Armée de NAPOLEON.
Il fait, en effet, partie des généraux qui ont eu l'honneur de commander une division placée sous le commandement du maréchal DAVOUT.
A la tête de la 5ème division du 1er corps de la Grande Armée dirigé par ce prestigieux maréchal, il a participé à l'expédition de RUSSIE, en particulier à la prise de la redoute de SCHWARDINO, le 5 septembre 1812, deux jours avant la bataille de LA MOSKOWA.
En ce 27 mars 1814, il prend le commandement en chef de toutes les troupes réunies à MEAUX et dans les environs, au total 6000 hommes.
Sa mission : résister, encore résister, toujours résister, à MEAUX. Il y va du "salut de PARIS ".
Quant au général de cavalerie Henri-Catherine-Balthazard VINCENT ( 1775 - 1844 ), il s'est distingué, tout au long des guerres de la Révolution et de l'Empire, au point d'être élevé aux grades de général de brigade, le 4 décembre 1813, et de colonel en 2ème du 3ème régiment de gardes d'honneur, le 15 décembre 1813.
A propos de ce général de cavalerie, LEDRU DES ESSARTS écrit dans sa lettre de 2 heures après midi :
" Le général VINCENT a pris le commandement de toutes les troupes à cheval. Je les ai cantonnées dans les hameaux en arrière tout près de MEAUX. Elles sont prêtes à se porter partout où on aura besoin d'elles. "
Dans cette lettre, LEDRU DES ESSARTS communique l'information suivante :
" Sur l'avis qui m'a été donné que le duc de Trévise ( maréchal MORTIER ) était arrivé à LA FERTE-SOUS-JOUARRE, j'y ai envoyé un officier supérieur en reconnaissance avec un piquet. Cet officier qui revient à l'instant, a rencontré un escadron prussien à SAINT JEAN LES 2 JUMEAUX, l'en a chassé, et m'a rapporté que M. le maréchal n'a point paru à LA FERTE. "
Les maréchaux MORTIER ET MARMONT ont, en fait, pris la route de PROVINS, pour rejoindre PARIS, ce que COMPANS ET LEDRU DES ESSARTS ignorent.
L'accrochage de SAINT-JEAN-LES-DEUX-JUMEAUX n'alarme pas LEDRU DES ESSARTS, en raison de la présence de l'adjudant commandant MICHAL ( 1767 - 1828 ) et de ses 200 hommes à LA-FERTE-SOUS-JOUARRE.
Déjà, le 25 mars 1814, François Alexandre Gaëtan MICHAL LA BRETONNIERE, promu adjudant commandant après 19 ans de services le 30 mai 1811, avait évacué LA FERTE-SOUS-JOUARRE, pour échapper aux attaques des cosaques.
En cette journée du 27 mars 1814, le général COMPANS prend ses dispositions de combat en avant de la ville sur la rive gauche de la Marne, pour surveiller les routes venant de COULOMMIERS.
Dans son rapport à CLARKE, de MEAUX à six heures du soir, il précise :
" Tout le convoi d'artillerie à l'exception de 2 canons de 4 et 2 canons de 12 que j'ai gardés ici, a repassé la Marne vers les 9 heures. "
Les Français sont en mode ATTENTE.
NB : Les rapports de CLARKE, de LEDRU DES ESSARTS et de COMPANS sont consultables, dans leur intégralité, au service historique de la Défense, à VINCENNES ( Val de Marne ).
Afin de nous rendre à Guignes, nous empruntons la route de Troyes, anciennement nationale 19 et faisons un arrêt à Coubert.
Eric, toujours à la recherche d'informations, frappe à toutes les portes du village....
Un somptueux château existait à Coubert dont il ne reste plus de trace. Il appartenait au financier Samuel Bernard ( 1651-1739 )
Au XVIIe siècle, le village de Coubert appartenait au baron Nicolas de l'Hospital, capitaine des gardes de Louis XIII, seigneur de Vitry et maréchal de France.
Un sympathique petit restaurant et un peu de couleur dans le village de Coubert.
La pierre de Coubert n'est absolument pas connue pour ses propriétés de teintures, et pourtant, c'est bien connu, la pierre de Coubert teint.
A gauche, la Brie, à droite, la Brie.
Devant nous, derrière nous, la Brie.
Le confin de la Brie se nomme la Brie côtière.
En face de l'église, l'ancienne gendarmerie de Coubert.
On distingue encore l'inscription pratiquement effacée " GENDARMERIE NATIONALE ".
Eglise de Coubert.
Eric ne se décourage pas et s'apprète à serrer les mains des habitants.
Une maison de Coubert.
Coubert était autrefois desservi par le chemin de fer de la Bastille, appelé aussi le " TRAIN DES ROSES ".
La rose était, en effet, une des
principales activités économiques de la région. C'est au moyen du chemin de fer que les rosiéristes expédiaient leurs productions jusqu'à
Paris. .
Le chemin de fer a depuis longtemps
disparu du plateau Briard, remplacé par des bus, d'où le nom " La Brie bus ".
Les soldats Français réunis à MEAUX et dans ses environs ignorent tout des intentions de l'ennemi.
Depuis trois jours, il marche résolument sur PARIS.
Deux armées, huit corps d'armée, pas moins de 150000 hommes, sont mobilisés dans cette opération de grande envergure.
Le 25 mars, les avant-gardes de l'armée de Bohème ont balayé les corps d'armée de MARMONT et de MORTIER, moins de 20000 hommes, sur la chaussée de VITRY-LE-FRANCOIS à SEZANNE, au cours du premier combat de FERE-CHAMPENOISE.
Quant aux avant-gardes de l'armée de Silésie, elles ont détruit, en ce premier jour de l'offensive, avec le concours de l'artillerie à cheval et de la cavalerie russes de l'armée de Bohème, les carrés des gardes nationales actives de PACTHOD et d'AMEY, 4300 hommes, près des marais de Saint-Gond, au nord de FERE-CHAMPENOISE.
Nous tenons à préciser que les gardes nationaux d'AMEY, tombés héroïquement lors du second combat de FERE-CHAMPENOISE, étaient issus de la division des gardes nationales de MEAUX.
Le 26 mars, les avant-gardes prussiennes, descendues sur la route de SEZANNE à MEAUX, ont interdit aux troupes de MARMONT et de MORTIER de faire leur jonction avec les forces de COMPANS et de VINCENT.
Ainsi, le lendemain, MARMONT ne dirigera pas la défense de MEAUX et les Français ne seront pas tous réunis dans cette place.
Le 27 mars, les avant-gardes prussiennes remontent vers le nord, à la rencontre de l'avant-garde russo-prussienne commandée par le général EMMANUEL.
La jonction entre les Prussiens du général HORN et la force d'action rapide d'EMMANUEL se produit précisément à une lieue ( 4 kilomètres environ ) de JOUARRE.
Le franchissement de la MARNE à hauteur de TRILPORT est l'objectif assigné par l'état-major de l'armée de Silésie à EMMANUEL.
Sous la pression de l'ennemi, l'adjudant commandant MICHAL doit évacuer LA FERTE-SOUS-JOUARRE, et la cavalerie du général VINCENT, secondé par 400 à 500 "gardes nationaux des environs", se retirer du plateau de SAINT-JEAN-LES-DEUX-JUMEAUX.
De la rive gauche de la MARNE, les Français passent sur la rive droite.
Ils sont en mode REPLI.
La suite des événements leur est, malheureusement, très, très défavorable.
Dans sa lettre du 27 mars à 6 heures du soir, le général COMPANS écrit :
" L'ennemi s'est présenté à TRILPORT, y a braqué quelques canons et a mitraillé une garde que le général LEDRU avait établie sur la rive droite avec ordre de couler les bateaux qui étaient là pour l'établissement d'un pont. Cette garde s'est enfuie et les bateaux n'ont point été coulé. "
Dans son rapport du 27 mars à 9 heures du soir, le général LEDRU précise à ce propos :
" Monseigneur ( général CLARKE ), vers 4 heures, l'ennemi s'est inopinément présenté au TREPORT ( TRILPORT ) avec de l'artillerie et de l'infanterie et a tiré quelques coups de canon sur mes postes qui se sont enfui sans se défendre, sans même avoir le courage de couler le baq qui servait à communiquer avec LA FERTE SOUS JOUARRE quoique j'eusse eu la précaution d'y laisser des ouvriers avec des haches et des tarières. "
L'événement décisif des combats pour MEAUX vient de se produire.
Dès lors, les Français vont lutter, vainement, contre les Russes et les Prussiens.
Le général COMPANS écrit :
" Le général LEDRU s'est aussitôt porté vers TRILPORT avec ses troupes, la cavalerie du général VINCENT et 4 bouches à feu que j'ai mises à sa disposition ; à son arrivée, il a trouvé que l'ennemi avait déjà passé de l'infanterie et peu après il a eu même affaire à de la cavalerie. Il me fait dire en ce moment ( 6 heures du soir ) que ses forces ne suffisent plus et qu'il ne pourra exécuter le projet que nous avions eu de charger et de faire prisonnier les partis que nous supposions que l'ennemi aurait eu le temps de passer sur la rive droite. "
Le général LEDRU précise à ce propos :
" Averti de cette circonstance ( le franchissement de la MARNE à TRILPORT par l'ennemi ), je m'y suis porté au galop avec un obusier et deux pièces de 12 de la batterie du général COMPANS et j'empêchais l'ennemi de passer et de se servir de ses pontons lorsqu'une colonne de sa cavalerie passée à gué, au dessus de POINCY, s'est portée sur ma gauche et a poussé le général VINCENT. J'ai alors été obligé de partager mes forces et l'ennemi en a profité pour faire passer de l'infanterie ; cependant la cavalerie grossissait à vue d'oeil et allait entrer dans MEAUX. Le général VINCENT m'en faisait prévenir à chaque instant ; la nuit arrivait et je me suis déterminé à me retirer sur la ville ; mais déjà l'ennemi arrivait par la route de La FERTE MILON et exécutait des charges qui ont mis nos troupes dans le plus grand désordre. "
LEDRU rejette la responsabilité des malheurs de la journée sur ses propres soldats :
" Rien n'a été possible de les retenir. Cavalerie, artillerie, infanterie tout s'est précipité pêle mêle dans la place ( de MEAUX ) en jettant ses armes.
J'ai la douleur d'annoncer à votre Excellence ( général CLARKE ) qu'on ne peut avoir de plus mauvais soldats. "
En outre, LEDRU n'hésite pas à accuser l'adjudant commandant MICHAL de négligence :
" M. le général MICHAL attaqué dès 9 heures du matin, avait évacué LA FERTE SOUS JOUARRE et s'était retiré par la rive droite de la MARNE sur l'OURCQ sans que j'en eusse été prévenu. "
Les accusations portées par LEDRU sont pour le moins discutables.
AMEY et LEDRU commandent, en effet, des gardes nationaux provenant des mêmes régiments de gardes nationales, avec des comportements radicalement différents.
Avec AMEY, ils sont héroïques au cours du second combat de FER-CHAMPENOISE du 25 mars 1814 et, sous LEDRU, ils sont pitoyables.
Il est vrai que LEDRU était absent de TRILPORT, lors de l'arrivée de l'ennemi, sans aucun motif valable.
Le général COMPANS exerçait, en effet, le commandement en chef des troupes réunies à MEAUX et dans ses environs.
Par conséquent, rien n'obligeait LEDRU à rester dans MEAUX.
La place de LEDRU était à TRILPORT, avec ses soldats en manque d'expérience de la guerre.
A propos de MICHAL, LEDRU est, à notre avis, particulièrement injuste.
Dans sa lettre du 27 mars à 2 heures après midi, LEDRU fait, en effet, état de la reconnaissance effectuée par un officier supérieur jusqu'à LA FERTE SOUS JOUARRE.
Cet officier supérieur ne donne pas le moindre renseignement, à propos d'une attaque " dès 9 heures du matin " et de l'évacuation de cette place.
A 9 heures du soir, LEDRU conclut ainsi son rapport au général CLARKE :
" En conséquence, M. le général COMPANS vient de donner ses ordres pour que notre petite colonne se retire sur CLAYES et tâche de sauver son parc et de conserver quelques soldats qui pourront être utiles à la défense de PARIS. "
Les Français sont, de nouveau, en mode RETRAITE.
La ville de MEAUX est, en définitive, abandonnée à l'ennemi.
NB : Les écrits de LEDRU et de COMPANS sont consultables, dans leur intégralité, au service historique de la Défense, à VINCENNES ( Val de Marne ).
Dans le cadre de nos balades en Brie et Champagne ( la vingtième déjà ! ), en ce mois de juillet 2011, nous vous proposons la découverte du village d'Ozouer-le-Voulgis situé en bordure de la vallée de l'Yerres.
L'église Saint Martin et son imposant clocher ont été édifiés entre les XIIIème et XVIème siècles.
Nous arpentons les rues à la découverte d'Ozouer-le-Voulgis.
MERCERIE, Toiles, BONNETERIE....
Ozouer-le-Voulgis, autour de son église Saint-Martin.
Mairie d'Ozouer-le-Voulgis.
POINT LIVRE.
8 rue Fournier, Ozouer-le-Voulgis 77390.
tèl : 01 64 51 36 46
Retour à l'église, après avoir effectué une balade à pied dans les rues d'Ozouer-le-Voulgis.
En contournant l'église Saint-Martin, nous découvrons la ferme des Marcoussis, ancien prieuré des célestins édifié en 1406 par Jean de Montaigu, seigneur de Marcoussis.
Et pour reprendre le cours de notre épopée napoléonienne, la ferme des Marcoussis à Ozouer-le-Voulgis a appartenu au célèbre peintre Jacques-Louis DAVID ( 1748-1825 ), premier peintre de l'empereur et auteur du fameux tableau " Le Sacre de Napoléon " exposé au musée du Louvre à Paris.
Une rue d'Ozouer-le-Voulgis porte le nom du peintre.
La légende dit que Jacques-Louis David a peint son oeuvre "Le sacre de Napoléon", à Ozouer-le-Voulgis.
C'est peu probable. Non seulement une oeuvre de cette envergure était difficilement transportable à l'époque mais encore l'espace de la chapelle de Cluny à Paris avait été mis à sa disposition pour réaliser ce tableau.
Jacques-Louis David a probablement réalisé des oeuvres, à Ozouer-le-Voulgis, mais nous serions bien en peine de les citer pour la bonne raison qu'il n'a donné aucune information à ce propos.
Nous continuons notre visite des rues désertes d'Ozouer-le-Voulgis.
Où sont-ils donc ces amoureux qui gravent leurs sentiments sur le mobilier urbain ?!
Rue de la fontaine à Ozouer-le-Voulgis, nous découvrons un magnifique lavoir bien entretenu et agréablement fleuri, hélas deserté par les lavandières.
Ah ! Non, j'ai parlé trop vite, en voilà deux occupées à leurs tâches.
C'est vrai que l'on dit souvent que les murs, les vieilles pierres, ont une âme....
Même Eric ( dit le blasé
) n'en revient pas.
Cette photo, eh bien..., je l'ai appelé " la feuille ".
Je sais, je ne me suis pas trop creusé la tête....
Nous espérons que cette nouvelle balade en Brie à la découverte de cette petite commune de Seine et Marne vous a plu.