Les Marais de Saint-Gond entre Ecury-le-Repos et les hauteurs de Bergères-les-Vertus.
Les derniers carrés des divisions Pacthod et Amey ont été détruits devant les marais de Saint-Gond, entre Aulnay-aux-Planches
et Morains-le-Petit, à l'est de Bannes.
En observant le terrain entre Bannes et Ecury-le-Repos, nous décidons d'aborder un sujet que les historiens n'ont
malheureusement pas complétement traité, la composition des divisions Pacthod et Amey.
Le commandant Weil, l'historien le mieux informé sur la campagne de France de 1814, donne cette composition :
" La division Pacthod se composait des brigades Delort, Bonté et Loczinsky formées uniquement, à l'exception de l'une d'entre
elles, de conscrits et de gardes nationales. Elle comprenait le 1er régiment de gardes nationales de la Sarthe, le 3ème régiment provisoire de gardes nationales d'Indre-et-Loire et du
Loir-et-Cher, le 2ème régiment d'Eure-et-Loir, le 5ème régiment de Seine-et-Marne et de Seine-et-Oise et le 4ème régiment de Maine-et-Loire et de la Mayenne. L'effectif total de cette division,
qui n'était déjà plus que de 3935 hommes au 1er mars lors de sa rentrée à Troyes, avait diminué depuis cette époque et ne dépassait pas, artillerie comprise, 3500 hommes. Quant à la division
Amey, composée des régiments du Calvados et de la Manche, de l'Orne et de Rochefort, des 1er et 2ème régiments de Brest et du Nord : en tout, 12 bataillons, il ne lui restait plus que 800 hommes
à peine sur les 5684 hommes avec lesquels elle était arrivée à Montereau le 18 février. "
La situation des troupes composant le 7ème corps de la Grande Armée à l'époque du 1er mars 1814, l'état
sommaire des présents sous les armes du 7ème corps à l'époque du 5 mars 1814, les dossiers individuels des officiers et les dossiers de pension sont conservés précieusement par le Service
historique de la Défense situé au château de VINCENNES ( Val-de-Marne ).
La consultation de ces documents nous permet aujourd'hui de mieux cerner la composition de la
division Pacthod.
La division Pacthod est formée par la réunion des :
. 1ère brigade Delort composée du 1er régiment de la Sarthe ( 1er et 2ème bataillons ) et du
3ème régiment ( 1er bataillon d'Indre-et-Loire et 2ème bataillon du Loir-et-Cher ) ;
. 2ème brigade Bonté composée du 2ème régiment ( 1er bataillon d'Eure-et-Loir et 2ème
bataillon du Loiret ) et du 5ème régiment ( 1er bataillon de la Seine, 1er et 2ème bataillons de Seine-et-Marne ) ;
. 3ème brigade Laczinski composée du 4ème régiment ( 1er bataillon du Maine-et-Loire et 2ème
bataillon de la Mayenne ).
Le personnel de l'artillerie de cette division provient du 6ème régiment à pied, du 2ème
bataillon bis du Train et du 4ème bataillon principal du Train.
La brigade du général Delort est renforcée par un bataillon du 54ème régiment de ligne, d'après
le rapport établi le 15 mai 1814 par le général lui-même à l'attention du ministre de la guerre.
Quant à la division Amey, sa composition exacte reste encore aujourd'hui un
mystère.
A la situation des troupes composant le 11ème corps de la Grande Armée à l'époque du 1er mars
1814, elle se limiterait à la seule brigade Thévenet.
Cette brigade est formée par la réunion du 149ème régiment de ligne ( 1er et 2ème bataillons ),
du 1er bataillon des gardes nationales du Calvados et du 1er bataillon des gardes nationales de la Manche.
Le commandant Weil indique que les gardes nationales des régiments de l'Orne, de
Rochefort, des 1er et 2ème régiments de Brest et du Nord, ont complété les effectifs de la division Amey.
Malheureusement, l'état de la division de gardes nationales du camp de Meaux, sous les ordres
de M. le maréchal duc de Tarente ( Macdonald ) commandant le 11ème corps d'armée, daté du 21 février 1814, précise bien que les régiments du Calvados, de la Manche, de l'Orne, de Rochefort,
du Nord, des 1er et 2ème régiment de Brest, étaient commandés par le général de division Lucotte et non par le général Amey.
D'après la situation des troupes de toutes armes composant le 11ème corps à l'époque du 21
février 1814, une partie des gardes nationaux appartenant à ces régiments a été répartie entre les divisions Albert, Amey et Brayer.
A la consultation des archives de VINCENNES, il s'avère que le régiment de
Rochefort a bel et bien participé au second combat de Fère-Champenoise.
Nous avons une pensée toute particulière pour Pierre BECHU, parti de Nantes le 9 juin 1813
et arrivé au régiment de gardes nationales actives de Rochefort en qualité de sous-lieutenant le 18 juin 1813.
Il servait dans la 1ère compagnie de chasseurs du 3ème bataillon de ce régiment, lors du second
combat de Fère-Champenoise.
Blessé et fait prisonnier de guerre le 25 mars 1814,
il ne put rentrer à Rochefort qu'après la dissolution de son régiment laquelle avait eu lieu le 21 mai 1814.
Né le 20 avril 1793 à Frossay ( département de la Loire inférieure aujourd'hui département de
la Loire-Atlantique ), il était capitaine des Douanes à La Roche Bernard, le 23 février 1846.
A la lecture des tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés pendant les
guerres de l'Empire ( 1805 - 1815 ) par MARTINIEN, il semble bien que le 2ème régiment de Cherbourg ait été engagé dans notre fameux combat ( cinq officiers blessés
).
A titre indicatif, le 1er bataillon des gardes nationales de la Manche ne faisait pas
partie de ce 2ème régiment de Cherbourg.
Enfin, le chef de l'état-major de la division Amey, l'adjudant commandant Trefcon, indique
la présence de cavaliers du régiment de hussards Jérôme-Napoléon, devenu 13ème régiment de hussards le 1er janvier 1814.
Ces cavaliers ont bel et bien combattu aux côtés des divisions Pacthod et Amey ( 6 officiers
blessés et 1 officier tué, à la lecture des tableaux de MARTINIEN ).
Nos recherches vont se poursuivre pour en savoir plus, toujours plus, encore plus, sur les
unités réellement engagées dans le second combat de Fère-Champenoise.
Eglise de FERE-CHAMPENOISE.